01/06 ▒ ARDÈCHE ▒ De la difficulté d'organiser un événement LGBT...
À Saint-Félicien, un festival LGBT organisé par l’association, "Les Meutes Champêtres" s’est tenu ce samedi.
Malgré des affiches arrachées, des commentaires insultants et des appels à une contre-manifestation, les organisateurs ont maintenu l’événement.
Plusieurs jours avant la tenue de l'événement, plusieurs affiches ont été arrachées dans le village.
Sur les réseaux sociaux, de nombreux commentaires homophobes ont été publiés.
Un internaute est même allé jusqu'à évoquer l'organisation d'une contre-manifestation.
La principale polémique concernait le lieu choisi pour accueillir l'événement.
Soit un ancien couvent totalement désacralisé.
Pour les organisateurs, ces réactions démontrent précisément la nécessité d'organiser ce type de rendez-vous.
"Ça a pris toute sa légitimité. On s'est dit : on sait vraiment pourquoi on le fait, il y a vraiment de bonnes raisons de le faire" explique Hervé, membre de l'association.
"Il y a des gens qui nous disent : c'est plus la peine maintenant que vous êtes bien acceptés. Avec ce qui s'est passé, tout le monde a vu qu'effectivement non, tout le monde n'est pas encore suffisamment prêt, pas ouvert ou compréhensif et respectueux des autres et des différences".
William, membre de l'association, en a fait l'expérience durant sa scolarité.
"Au lycée, ce qui s'est passé, c'est que j'avais un ami. Au début, il avait du mal avec moi. Il disait : pour un homo, ça ne se voit pas que tu peux l'être. Bah oui, ce n'est pas marqué sur mon front".
Dans les petites communes rurales, la question de la visibilité reste particulièrement sensible.
Simon, membre de l'association, décrit les interrogations auxquelles sont confrontées de nombreux LGBT.
"Est-ce que je le dis ou pas ? Parce que, en fait, dans un village, évidemment que c'est la première question que tu te poses c'est : à qui je le dis ? Parce que de toute façon, tu sais très bien qu’au moment où tu vas le dire, cette information va circuler".
Selon lui, cette pression sociale contribue à maintenir certaines personnes dans l'anonymat.
"Plein de personnes ne viendront pas, parce qu'elles savent que, si elles sont vues ne serait-ce qu'en présence de LGBT, elles vont de toute façon être moquées".
Simon évoque également les insultes qui continuent de circuler dans certains territoires ruraux.
"Tu traînes avec les pédales, tu traînes avec les tarlouzes. Ce sont des mots un peu crus. Ce sont des mots qu'on entend. C'est une réalité".
Face à ces difficultés, de nombreuses personnes venues assiter au festival ont fait le choix de quitter le village.
Pour s'installer dans de plus grandes villes.
Elles y trouvent souvent un environnement plus ouvert.

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