28/05 ▒ SOCIÉTÉ ▒ "Catastrophe pénitentiaire, de la protection de l’enfance et de la psychiatrie".
La situation des prisons françaises ne fait qu’empirer avec les années.
Dans son rapport sur l'année 2025, la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté dénonce "une catastrophe à tous les niveaux".
C'est le dernier rapport de Dominique Simonnot, qui va quitter ses fonctions à la fin du mois d'octobre 2026.
"Tous les élus, toutes les autorités publiques, connaissent de loin ou de près la catastrophe pénitentiaire, celle de la protection de l’enfance et celle de la psychiatrie" constate-t-elle.
"Du courage politique. Voilà ce qu’il faudrait pour que tout s’améliore. Mais, cette année aura été, sur ce point, une des moins respectables qu’auront connues, en France, celles et ceux qui y sont enfermés".
Dominique Simmonot, qui est chargée de défendre les droits fondamentaux dans les prisons, mais aussi les hôpitaux psychiatriques, les "Centres de Rétention Administrative", les "Centres Éducatifs Fermés" et les locaux de garde à vue, a contrôlé 138 établissements, dont 23 pénitentiaires.
D'année en année, le constat reste le même.
"La surpopulation carcérale est endémique et constitue le principal facteur aggravant et structurel des atteintes aux droits et à la dignité en prison".
Depuis quelques années, le nombre de détenus ne cesse d’augmenter.
Au 1er avril 2026, la France comptait 88 145 détenus pour 63 353 places opérationnelles dans les établissements pénitentiaires.
Ce qui porte à 139% le taux de suroccupation des prisons.
Dans ce contexte, 7 540 détenus sont contraints de dormir sur un matelas au sol dans une cellule déjà occupée par d’autres personnes.
Le nombre était de 4 752 en 2024.
"Parmi les conséquences, on note une promiscuité générant fatigue, tensions et violences, une surveillance saturée qui laisse place à la montée des trafics et des brutalités. Dans le même temps, le personnel de nombreux établissements connaît un sous-effectif structurel. Le recours aux heures supplémentaires est très élevé. Ce qui accroît la fatigue des agents et réduit leur vigilance. Sans compter la vétusté de nombreux établissements, impossibles à rénover compte tenu de l’absence de crédits ,et des espaces surpeuplés" souligne encore le rapport.
Par ailleurs, Dominique Simonnot dénoncent des "régimes de détention qui se multiplient, entraînant des distinctions peu lisibles".
"Les quartiers d’évaluation de la radicalisation, les quartiers pour détenus violents et les quartiers de lutte contre la criminalité organisée ne sont guère que des cadres de plus en plus contraignants, aux contraintes parfois floues ou mal connues" estime-t-elle.
"Les régimes, présentés comme plus favorables à la réinsertion, quartiers de semi-liberté, structures d’accompagnement à la sortie, pâtissent de la surpopulation carcérale. Ils sont souvent prioritairement utilisés pour désencombrer les maisons d’arrêt plutôt que pour poursuivre leur finalité propre".
Du côté des établissements de santé mentale, la Contrôleuse générale pointe "une pénurie de personnel, qui est à l’origine de nombreuses atteintes aux droits des patients".
"Les pratiques d’isolement et de contention, très hétérogènes, présentent, presque dans tous les cas, des écarts notables avec le cadre légal qui les autorise et les limite. La psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent apparaît systématiquement comme le maillon le plus fragilisé. Faute de places suffisantes en pédopsychiatrie, des mineurs sont hospitalisés dans des unités pour adultes au mépris de leurs droits fondamentaux. Dans les centres de rétention administrative des étrangers, la vie quotidienne des personnes retenues se déroule dans des locaux souvent inadaptés, insalubres et qui ne respectent en rien leur intimité, créant un sentiment d’humiliation et d’inconfort permanent" établit encore le rapport.

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