28/05 ▒ POLITIQUE ▒ Un point final à l'esclavagisme...
Un vote "symbolique", mais fort de sens.
L’Assemblée nationale vient d'approuver l’abrogation du "Code noir" et l’ensemble des textes ayant réglementé l’esclavage dans les colonies françaises.
Textes jamais formellement abrogés après 1848.
Les 254 députés présents, issus de tous les groupes politiques, ont soutenu la proposition de loi présentée par le groupe Liot.
Le "Code noir" est composé d'édits royaux datant des XVIIème et XVIIIème siècles.
Ces textes faisaient des personnes soumises à l'esclavage des "êtres meubles susceptibles d’être acquis par un maître au même titre qu’un bien".
Ils instituaient des sanctions en cas de fuites : oreilles coupées, marquage au fer de lys, voire la peine de mort.
Vingt-cinq ans après la loi Taubira reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, Max Mathiasin, rapporteur de la proposition de loi, a appelé à "poser un acte puissant de mémoire, de justice et de reconnaissance, même s’il ne pourra solder seul les blessures de l’histoire".
"Le Code noir n’a plus d’effet depuis longtemps, mais son empreinte et son poids sont toujours là" a ajouté Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer.
Elle avait appelé à "sortir de notre droit un texte indigne".
Les débats ont largement tourné autour de l’histoire esclavagiste et coloniale française.
Avec, comme point d'orgue, les effets visibles aujourd’hui à travers les inégalités persistantes entre les outre-mer et l’Hexagone et les discriminations subies par les personnes noires.
Un autre article du texte de loi adopté prévoit que le gouvernement élabore un rapport sur le droit colonial et ses effets de long terme.
Notamment, en matière de racisme ou de place accordée à l’histoire de l’esclavage dans les programmes scolaires.
"L’esclavage a été une tragédie et un crime contre l’humanité. Toutes les traites ont été des drames" a jugé Julien Odoul, député RN.
"Le texte vise à enfermer des générations entières dans une logique de culpabilité, de ressentiment et de revanche" a-til critiqué.
Gabrielle Cathala, députée LFI, l’a accusé de "révisionnisme historique consternant".
Désomrais, la proposition de loi doit aller au Sénat.
Elle a reçu le soutien d’Emmanuel Macron, qui a estimé que "le maintien dans le droit de ces textes, quand bien même sans effets juridiques, constitue une trahison de ce qu’est la République".
La question des réparations a aussi animé les débats.
Plusieurs députés ont rappelé que les anciens propriétaires d’esclaves avaient reçu des compensations, au contraire de ces derniers.
À ce sujet, Emmanuel Macron avait estimé que "cette immense question ne devait pas être éludée. Sans faire de fausses promesses".

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