26/05 ▒ POLITIQUE ▒ Après l'annonce de sa candidature, il relance le débat sur la GPA...
Pour quelles raisons Gabriel Attal veut-il rouvrir le débat sur la légalisation de la Gestation Pour Autrui au moment où il déclare sa candidature à la présidentielle ?
"Parce que je suis constant" répond-il.
Cela fait plusieurs années qu'il défend cette réforme.
Il dit refuser de "fermer les yeux sur l’existence de ces couples français qui ont recours à la GPA à l’étranger".
Ils sont entre 300 et 500 par an.
"La réalité de ces familles existe, qu’on le veuille ou non, car le monde est ouvert. Et nous devons en débattre" écrit-il dans son livre, "En homme libre".
Désormais, il va plus loin, puisqu’il veut en faire un marqueur de sa candidature.
Sait-il qu'avec cette proposition, il risque de fracturer son camp ?
Tant mieux, c'est fait pour.
Maud Brégeon, porte-parole du gouvernement, s’est dépêchée d’affirmer son "total désaccord".
En défendant la légalisation de la GPA, Gabriel Attal veut justement afficher sa singularité.
Il veut incarner une forme de "rupture" avec le gouvernement Lecornu, qu’il juge condamné à l’immobilisme.
Et puis, il prend ses distances avec Emmanuel Macron qui a fait de la GPA "une ligne rouge".
Le chef de l’État apparaît frileux sur les réformes sociétales.
Gabriel Attal veut donc lui dérober le totem du contretemps.
Comme avec sa proposition de loi pour libéraliser le travail le 1er mai.
Enfin, il se distingue de son principal concurrent, Édouard Philippe, en essayant de le renvoyer au statut de porte-parole d’une droite plus conservatrice.
Même s Gabriel Attal sait bien que cette réforme ne peut pas aboutir rapidement, il commence à distiller sa vision.
Il se dit partisan de la légalisation d’une "GPA éthique".
C’est-à-dire sans transaction commerciale.
Il rappelle que "sur tous ces sujets bioéthiques, la liberté de vote s’est imposée dans tous les partis".
Il n’empêche que le sujet s’impose aux politiques comme aux juges.
Vendredi, la Cour de cassation s’est penchée sur le cas d’un couple de Français vivant au Canada.
Ce dernier veut que la France les reconnaisse comme les parents de leurs enfants nés à l’étranger d’une Gestation Pour Autrui.
Procédé que le droit français interdit.
La haute juridiction rendra sa décision le 3 juillet prochain.
À noter que ce type de procédures se multiplie.
D'où un vrai casse-tête juridique.
Il est sans doute temps qu’une campagne présidentielle s’empare du sujet.
Gabriel Attal semble l'avoir compris.

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