20/05 ▒ SEINE-SAINT-DENIS ▒ Un parti que l'homophobie ne gêne pas trop ?

L'affaire avait fait exploser les Écologistes de Saint-Ouen juste avant les élections municipales.

Elle a été traitée en interne après les élections.

Six mois d’enquête, une douzaine de témoins entendus, un dossier long comme le bras.

Et finalement, six Écologistes du groupe local sanctionnés par le parti pour des propos homophobes envers la tête de liste locale, Sabrina Decanton.

Le bureau exécutif du parti a annoncé que trois militants ont été "suspendus six mois pour des propos remettant en cause l’aptitude de Sabrina Decanton à être tête de liste aux municipales en raison de son orientation sexuelle".

Selon la décision, trois autres ont reçu un avertissement pour "ne pas avoir défendu Sabrina Decanton face à ces propos". 

Enfin, et c’est la sanction la plus sévère, deux militants ont été interdits de gérer un mandat interne pendant un an pour "avoir fait pression sur Sabrina Decanton lors de la signature d’une charte de gouvernance contraire à l’éthique des Verts".

Dès le 7 novembre 2025, Sabrina Decanton avait signalé à son parti les remarques homophobes répandues par certains de ses camarades.

Jugeaient-ils son orientation sexuelle non compatible avec une éventuelle élection ?

De son côté, Sabrina Decanton dénonçait "des militants qui pensent que les quartiers pauvres et les musulmans sont nécessairement homophobes".

Outre les remarques homophobes, Sabrina Decanton avait reçu une proposition ubuesque de la part de quelques militants. 

Certains lui demandaient de signer une charte qui l’obligeait, en cas d’élection, à solliciter leur permission sur toute décision majeure. 

En bref, réduire à néant son pouvoir de maire.

Comme si un maire LGBT était incapable de prendre les bonnes décisions.

À noter que la militante, qui a rédigé cette charte, n’a pas été sanctionnée part le parti.

Fin 2025, de nouveaux propos insultants pousse Sabrina Decanton à claquer la porte. 

Les Écologistes se retrouvent sans tête de liste juste avant les élections. 

Certains partent chez La France insoumise.

Cet imbroglio aboutit au faible score de 8,38%.

Ce qui a ouvert un boulevard à la réélection du socialiste, Karim Bouamrane.

"Malgré les alertes dès le mois de novembre, le parti a laissé se présenter les personnes mises en cause et ne les a pas suspendues à titre conservatoire" regrette une source interne. 

"On peut y lire deux choses : la volonté permanente, chez les Écologistes, de chercher le compromis à tout prix, et celle de ne pas trop attaquer des personnes qui ont sûrement acquis un poids électoral localé".

Dans un communiqué, Sabrina Decanton dénonce "des sanctions très en deçà de la gravité des faits. En particulier, dans un parti qui s’est toujours voulu à l’avant-garde de la lutte contre les discriminations. Je m’étais engagée chez les Verts, car c’est l’un des partis pionniers sur la défense des LGBT. Mais, ce sujet semble être traité à la légère".

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