18/05 ▒ SOCIÉTÉ ▒ Vers une homophobie décomplexée ?

Drapeaux arc-en-ciel arrachés, vitres brisées, tags de croix celtiques ou d’insultes homophobes.

Depuis six mois, une vague de dégradations frappe les locaux LGBT, un peu partout en France.

Lyon, Lille, Maubeuge, Le Mans, etc....

Les associations LGBT alertent sur ces actes de vandalisme.

Dans la Sarthe, le "Centre LGBT" du Mans a été dégradé trois fois depuis décembre 2025.

D'abord, des autocollants d’extrême droite nationaliste.

Puis, des tags de croix celtiques, utilisées comme marqueurs par les groupes d’ultradroite. 

Enfin, des tags homophobes.

Des plaintes ont été déposées à chaque fois.

En trente ans d’existence, c’est la première fois que le centre est autant ciblé. 

Témi Rouzies, porte-parole de l’association, l’explique par le fait que le lieu est plus visible et donne directement sur la rue depuis un déménagement en juillet 2025.

"Même si on a conscience qu’il peut y avoir des agressions, y compris physiques, on est prêt à prendre le risque. Cela pousse à se mobiliser davantage".

Mais, ces attaques freinent les publics plus vulnérables.

"Ils ont été plus choqués, notamment ceux qui ont fui des persécutions LGBTphobes. Ils ne s’attendaient pas à avoir ça en France".

Depuis 2016, les actes anti-LGBT sont en augmentation de 129%.

Pour Julia Torlet, coprésidente de "SOS Homophobie", "le message de ces dégradations, c’est en premier lieu d’intimider en faisant peser une menace sur les individus, en tentant de réduire les LGBT au silence et à l’invisibilité".

Elle évoque aussi une augmentation des LGBTphobies dites "générales".

Ce sont celles qui ne prennent pas pour cible un individu, mais les LGBT de manière globale.

"Cela va se traduire, du côté des réseaux sociaux, par des paroles très générales, de type les LGBT sont intolérables, les LGBT me font vomir. En termes d'actes, par des dégradations contre des lieux communautaires, comme les centres LGBT, des bars, des librairies".

"On sent une libération de la parole LGBTphobe" ajoute Rémi Rouzies.

"Sur les réseaux sociaux, des gens applaudissent le vandalisme. La modération est insuffisante. Des personnes assument complètement et nous disent qu’avec les élections et l’arrivée dans certaines villes du Rassemblement national, ils peuvent désormais tout faire. Cela nous inquiète".

À Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales, ville dirigée par le RN depuis 2020, le "Centre LGBT 66" a perdu sa subvention municipale.

À Elne, dans le même département, le maire d'extrême droite nouvellement élu a décidé de repeindre en blanc un passage piéton arc-en-ciel et de retirer le drapeau LGBT du fronton de la mairie.

En 2023, lors d’une précédente vague de dégradations, une tribune d’une cinquantaine d’associations appelait le gouvernement à agir.

Le 22 mai cette année-là, un engin explosif avait été jeté dans le "Centre LGBT" de Tours, en Indre-et-Loire.

C’était la sixième fois que les locaux étaient ciblés en six mois.

"Ces attaques répétées sont une atteinte au principe d’égalité, au droit de militer" déplore Sébastien Tuller, responsable LGBT pour "Amnesty International France".

"Ces centres, implantés dans de nombreuses villes, ont un rôle essentiel pour exercer des missions d’orientation, d’accueil, de soutien. Face à la recrudescence des discours et des attaques lgbtphobes, la réponse du gouvernement n’est vraiment pas à la hauteur".

Le plan d'actions 2026-2029 est en cours de discussion.

Il devrait être dévoilé le mois prochain.

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