11/05 ▒ SOCIÉTÉ ▒ "S’alarmer que la visibilité soit synonyme de danger".

Même si "SOS Homophobie" salue une "libération de la parole" des victimes, l'association LGBT s’alarme d’une "régression du vivre-ensemble".

À l’occasion de la publication de son rapport 2025, elle note une "intensification du climat LGBTIphobe en France, à la veille de l’élection présidentielle de 2027".

En 2025, 1 771 personnes ont contacté "SOS Homophobie" pour relater des faits de violences physiques ou psychologiques liés à leur orientation sexuelle ou à leur expression de genre. 

Soit 200 de plus qu’en 2024.

Ce lundi, l'association a présenté son 30ème rapport annuel.

Que ce soient des agressions, des insultes, des discriminations au travail ou à l’accès aux soins, du harcèlement en ligne, "cette augmentation traduit une certaine libération de la parole des victimes" selon David Raynaud, coprésident de "SOS Homophobie".

Il insiste sur le fait que le chiffre est sans doute sous-estimé.

"Combien de victimes taisent leur souffrance par honte ou manque de confiance dans les institutions ? Les victimes ne se tournent que très rarement vers les associations ou les autorités".

En 2025, l'association a comptabilisé 992 cas d'homophobie, 371 témoignages de transphobie, 258 événements lesbophobes et 50 épisodes de biphobie. 

À l’intérieur de chaque catégorie, 25% des personnes évoquent un mal de vivre ou une situation de fragilité psychique consécutive à une agression physique ou verbale.

42% des témoignages recensés concernent des faits de rejet.

36% rapportent des insultes.

D'autre part, "SOS Homophobie" attire l'attention sur les agressions physiques relatives à des guets-apens homophobes faisant suite à des échanges sur des sites de rencontres.

43% des agressions physiques ont eu lieu dans l’espace public.

25% d'entre elles ont été commises par des membres du voisinage de la victime. 

Serait-ce le prix à payer pour plus de visibilité ?

"On peut faire le constat positif d’une hausse de notre visibilité. Tout en s’alarmant que cette visibilité soit nécessairement synonyme de danger" répond Julia Torlet, coprésidente de "SOS Homophobie".

"Il y a une régression du vivre-ensemble depuis 2013 et le vote de la loi sur le mariage pour tous. La mise à l’écart, les moqueries, les jugements, les blagues douteuses, le rejet que l’on peut vivre dans sa famille sont plus présents aujourd’hui qu’il y a quelques années. La circonstance aggravante d’homophobie ou de transphobie, dans le cas de délits ou de crimes, est encore peu retenue, voire abandonnée au cours de l’enquête".

Pour conclure, Julia Torlet a l'espoir que "les pouvoirs publics agissent pour une mise en œuvre effective de l’arsenal législatif" et que le problème fera partie des programmes des candidats à l'élection présidentielle de 2027.

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