05/05 ▒ MÉDIAS ▒ Fusion ou suppression de chaînes, moins de sport...
Après plusieurs mois d’auditions, émaillées de nombreux incidents, le rapport sur l’audiovisuel public de Charles Alloncle, député de l'UDR, vient d'être rendu public sur le site de l’Assemblée nationale.
Le texte de 400 pages comporte près de soixante-dix recommandations.
"Il semblerait, en synthèse, que notre audiovisuel public soit inadapté aux enjeux de notre époque. Il nécessite une refonte totale ou partielle du fonctionnement des grandes entités du secteur. À commencer par France Télévisions et Radio France" établit ce rapport.
Charles Alloncle propose de "réduire d’un tiers le budget des sports de France Télévisions, qui permettrait de réaliser près de 50 millions d’euros d’économies par an, supprimer France 4, l’offre numérique France.tv Slash et la station radio Mouv’".
Il préconise également de fusionner France 2 et France 5 "pour créer une grande chaîne généraliste de premier plan".
Selon le rapport, "l’opération devra être conduite sur une période de transition de trois ans, avec un objectif d’économie nette récurrente d’environ 200 millions d’euros par an en régime de croisière".
À noter que le rapport de Charles Alloncle est vivement critiqué à gauche et dans une partie du camp présidentiel.
Pour arriver à son objectif de réaliser un milliard d’euros d’économie annuels, le député propose également de "fusionner Franceinfo et France 24 pour créer une chaîne nationale et internationale francophone de premier plan".
Dénonçant régulièrement une "supposée partialité du service public", Charles Alloncle envisage aussi "l'instauration d’un devoir de réserve renforcé applicable aux présentateurs, animateurs-producteurs et décideurs éditoriaux de premier plan de l’audiovisuel public, comprenant des obligations déontologiques spécifiques sur les réseaux sociaux".
Une de ses propositions les plus controversées est aussi de "modifier le mode de désignation des dirigeants de l’audiovisuel public, pour qu’ils soient nommés par le président de la République, après avis des Commissions des affaires culturelles du Parlement".
Dans un message sur X, Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, dénonce "un rapport à charge, construit sur des insinuations, des approximations et des contre-vérités".
"Il faut regarder le rapport pour ce qu’il est. Il n’est pas seulement un document sur l’audiovisuel public. Il est devenu le terrain d’un procès politique où chacun cherche à imposer sa lecture idéologique du service public. Supprimer des chaînes, ce n’est pas simplement réorganiser une grille. C’est retirer du paysage audiovisuel français des milliers d’heures de programmes".
De son côté, Sébastien Lecornu estime que "ce rapport passe malheureusement à côté de l’essentiel. C’est une occasion manquée. Des chantiers sont déjà entamés. Sur la gestion financière, le travail est engagé depuis l’automne dernier. Sur la neutralité, l’exigence est totale. Elle doit être garantie par l’autorité indépendante compétente, l’Arcom".
Au bout de six mois sous haute tension, le rapport a été adopté de justesse, il y a une semaine, par la Commission de l'Assemblée nationale.
Samedi, peu avant la publication de ce rapport, l’affaire s’est déplacée sur le terrain judiciaire.
Charles Alloncle est visé par une plainte déposée par l’association, "AC !! Anti-corruption".
Elle fait état de révélations selon lesquelles le groupe "Lagardère", contrôlé par Vincent Bolloré, aurait tenté de peser sur la Commission d’enquête.
Pendant les débats, "Lagardère News", qui détient Europe 1 et "Le Journal du dimanche", aurait envoyé à plusieurs députés des listes de questions hostiles à l’audiovisuel public.
De son côté, Charles Alloncle dénonce "une tentative de déstabilisation grotesque".

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