28/04 ▒ LIRE ▒ "Le dernier des politiquement incorrects".

Pierre Desproges est resté une icône pour toute une génération. 

L'écrivain et humoriste avait de solides attaches en Limousin. 

Jean-Michel Djian, un de ses admirateurs, lui dédie une biographie, "Desproges en gros caractère".

"C'est un personnage qui m'a marqué" confie d'emblée Jean-Michel Djian. 

Écrivain, journaliste et producteur pour France Culture, il tenait à rendre un nouvel hommage à Pierre Desproges.

Un Pierre Desproges avec ses maximes subtiles et cinglantes, ses jeux de mots dont lui seul avait le secret, son anticonformisme chevillé au corps et sa maîtrise unique de l'absurde et de l'humour noir.

Tout ce qui fait de lui un emblème. 

Jean-Michel Djian est nostalgique cette époque-là.

"Dans ma génération, c'était très difficile d'échapper à l'emprise de cet homme qui était à la fois un écrivain, il ne faut pas l'oublier, et surtout un humoriste. Mais, c'est l'écriture qui lui plaisait. C'est l'écriture qui l'animait et force est de constater, avec le recul, que ce qu'il disait était quand même sacrément mordant, intelligent. C'est pour ça que je me suis dit, il faut que je m'attaque à ce personnage et je l'ai fait avec bonheur".

Dans sa biographie, Jean-Michel Djian évoque l'ancrage de Pierre Desproges à Châlus, en Haute-Vienne.

Il a séjourné quelques jours, l'été dernier, à Châlus, sur les traces de l'humoriste. 

Pierre Desproges y venait régulièrement pour voir ses grands-parents paternels. 

Grâce à Alain Brézaudy, maire de la commune, Jean-Michel Djian a pu rencontrer des amis de jeunesse de Pierre Desproges.

"Il habitait dans la maison de ses grands-parents et parmi eux, il y avait Jean-Louis Boudrie, que j'ai rencontré. Et puis, j'ai tiré le fil. J'ai rencontré le frère de Desproges et ainsi de suite. Et au fond, ce qui était extrêmement intéressant, c'était d'être dans l'âme, d'être dans l'imaginaire de Desproges à une époque, juste après la guerre, avec la vitalité du village et de ses commerces".

En fait, c’est parce qu'il était atteint d'une sorte de tuberculose que ses parents ont envoyé Pierre Desproges chez ses grands-parents à Châlus.

"C'est là qu'il a passé une grande partie de sa préadolescence. Il était habité par ce lieu, par cet environnement-là, qu'il a vraiment bien exploité sur le plan artistique et littéraire".

Jean-Michel Djian évoque cet héritage avec admiration et nostalgie. 

Selon lui, ce qu’a laissé Pierre Desproges ne se ressent plus tout à fait aujourd’hui.

Ce que lui inspirait l'écrivain humoriste, c’était son ton mordant, la liberté qu’il prenait pour aborder tous les sujets, loin du politiquement correct. 

"Je trouve que nous sommes dans un contexte très politiquement correct. Après avoir tiré le fil dans l'autre sens, j'ai découvert, ou en tout cas compris définitivement, que le seul, le dernier de ceux qui pouvaient se permettre de lâcher prise et de dire tout ce qu'ils pensaient de manière humoristique, c'était effectivement Pierre Desproges. Il était le dernier des politiquement incorrects" conclut Jean-Michel Djian.

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