27/04 ▒ POLITIQUE ▒ "Fiotte, tapette, tarlouze, pédale" : déferlement de haine...

Une transparence qui dérange ?

Depuis ses confidences sur sa vie amoureuse, Gabriel Attal est la cible d’attaques homophobes.

Dans son ouvrage, "En homme libre", qui vient de paraître, l'ex-Premier ministre évoque sa relation avec Stéphane Séjourné, commissaire européen.

De leur rencontre en 2015 à leur séparation, il y a deux ans, il se confie sans détour à propos de son compagnon en évoquant "une évidence".

Une parole intime qui, chez un responsable politique homosexuel, continue de susciter des réactions bien différentes de celles provoquées par ses homologues hétérosexuels. 

Sur les réseaux sociaux, les homophobes de tous genres se déchaînent.

Gabriel Attal est la cible d'une vague d’insultes.

Même s'il se dit "blindé", il a choisi de relayer certains messages homophobes sur son compte Instagram.

Exemples.

"Nous, on veut pas d'une fiotte".

"On sait que tu es folle, donc tu n'es pas sain d'esprit".

"Quelle tapette !".

"Et ça donne une tarlouze".

"Une tarlouze, depuis neuf ans, suffit".

"Une vraie merde ce gars. Et surtout une sale tarlouze".

"Immondes pédales, brûlez en enfer".

Malgré tout, Gabriel Attal, qui ne cache plus ses ambitions présidentielles, assure que "être homosexuel n'est pas du tout un frein pour accéder à l'Élysée".

Même si les sondages montrent que ce n'est pas aussi simple.

Toutefois, Gabriel Attal "une forme de double standard" quand il est interrogé sur les critiques à son égard. 

"Quand un responsable politique hétérosexuel parle de son couple, on dit que c'est quelque part de la transparence. Quand on parle d'un couple d'hommes, on parle d'impudeur, de choses qui devraient rester secrètes". 

"L'homosexualité est tout de suite sexualisée. On considère que c'est quelque chose de l'ordre du privé, de l'intime" analyse Franck Riester, ancien ministre et homosexuel.

En 2011, alors député, il avait affirmé : "mon homosexualité n'est pas un secret".

Il était l'un des premiers hommes politiques de droite à faire le choix de l'assumer publiquement.

"Certains détracteurs considèrent que c'est un choix de pratique sexuelle. Mais, on est comme ça. Il n'y a pas de raison de ne pas être en sincérité comme le sont les hétérosexuels".

"Dès qu'un homo présente son compagnon, c'est toujours illégitim" ajoute Jean-Luc Romero, conseiller régional d'Île-de-France.

Finalement, le reproche adressé aux responsables politiques homosexuels semble insoluble. 

"Si Gabriel Attal cachait sa vie, on dirait que c'est un pédé honteux. À l'inverse, en parlant, il s'expose à des accusations d’exhibition ou d’impudeur" résume Jean-Luc Romero.

Pour Franck Riester, "la démarche de Gabriel Attal relève de la "transparence. Notamment, dans un contexte de préparation à la présidentielle. Ce n'est pas du tout impudique, ni de l'exhibitionnisme. C'est une forme de respect des Français".

Un raisonnement rarement appliqué aux couples hétérosexuels. 

Ce décalage peut s'expliquer par des attentes implicites autour de la fonction. 

L’exemple récent de Jordan Bardella, posant avec sa compagne, Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, illustre cette attente. 

"Il y a une sorte de non-dit en France sur l'évidence d'un couple à l'Élysée. Il faut un candidat et son épouse" analyse Catherine Tripon, porte-parole de l'association, "L'Autre Cercle", qui défend l'inclusion des LGBT dans les milieux professionnels.

À noter tout de meême que les choses évoluent.

Depuis le coming-out de Bertrand Delanoë en 1998, la parole s'est libérée. 

Clément Beaune, Jean-Philippe Tanguy ou encore Alice Coffin ont contribué à rendre l’homosexualité plus visible dans la sphère politique. 

Pourtant, en 2023, 35% des Français se disaient "mal à l'aise avec l'idée qu'un politique fasse son coming-out".

Pourtant, les politiques ne baissent pas les bras.

"C'est important pour les jeunes de s'identifier" insiste Franck Riester.

Lui n'a assumé son homosexualité qu'après 30 ans.

Il la jugeait "incompatible avec une carrière politique".

Si son orientation sexuelle n'a pas été un obstacle à sa carrière, il a fait face à une hostilité croissante au sein de l'UMP lors des débats sur le mariage homosexuel.

"Mes collègues ont glissé d’une forme de respect et de bienveillance à une opposition farouche avec des mots très forts".

Finalement, il sera le seul député de son groupe à voter en faveur de la loi Taubira.

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