13/04 ▒ PYRÉNÉES-ATLANTIQUES ▒ "J’ai 35 ans. C’est maintenant que j’accepte d’être homosexuel".

La pluie n’a pas découragé les participants.

Hier, à Tardets-Sorholus, plusieurs centaines de personnes ont défilé lors de la "Marche des Foertés".

Événement organisé par le collectif, "Prefosta", qui milite en faveur de la visibilité des LGBT en milieu rural. 

Un rendez-vous à la fois festif et engagé.

Au milieu de la foule, Gloria attire les regards.

Maquillé, la tête ornée d'une fleur, il incarne ceux qui, pendant longtemps, n’existaient pas ici.

"Moi, j’ai 35 ans. C’est que maintenant que j’accepte d’être un homosexuel" explique-t-il.

Adolescent, il se pensait seul dans un territoire rural où cette représentation manque.

"Je pensais qu’il n’y avait que moi. Voir toutes ces personnes aujourd’hui, ça met des paillettes dans mon cœur".

Dans la région, ils sont nombreux à avoir grandi avec ce sentiment d'être différent.

Sans pouvoir se projeter.

Pour Kaiet, le premier combat n’a pas été face aux autres, mais face à lui-même. 

"Le coming-out le plus difficile, c’était de m’accepter, de me dire que ce n’était pas une tare, que ce n’était pas anormal et que je n’étais pas seul au monde. Et puis, avec le temps, une autre réalité apparaît : celle de l'annoncer. Je me suis rendu compte que mon entourage n’avait pas de problème avec ça, qu’ils aimaient Kaiet sans se demander si j’étais gay ou hétéro" explique le jeune homme.

Mais, dans ces villages où tout le monde se connaît, les réactions ne sont pas toujours bienveillantes.

Pour Lucie, l’histoire est différente. 

Adolescente, sa relation avec une femme est découverte. 

Elle se retrouve contrainte de faire son coming-out.

Très vite, le harcèlement s’installe. 

Lucie décide d'alelr vivre à Bayonne, puis à Tarbes.

Elle est revenue dans sa ville natale, il y a deux ans et demi. 

Aujourd’hui, elle observe la foule et mesure le chemin parcouru.

Hervé regarde aussi la scène. 

Il a 50 ans. 

À ses côtés, Vincent, son mari. 

Il n’a pas connu ces rassemblements dans sa jeunesse. 

"Quand j’étais jeune, je devais aller dans les grandes villes pour pouvoir vivre ma vie. Aujourd’hui, je suis fier de voir une nouvelle génération qui, à quelques kilomètres de mon village, manifeste qui elle est".

Pour ses organisateurs, cette Gay Pride dépasse la simple célébration. 

Ces moments permettent surtout de rompre l’isolement et d’identifier les soutiens.

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