09/04 ▒ HONGRIE ▒ Avant les élections, la communauté LGBT entre espoir et doute...

Une terrasse animée face au Danube.

Un intérieur sombre égayé de néons roses et de boules à facettes.

C'est le "Why Not Cafe and Bar".

Ce haut lieu de la culture queer vibre à Budapest.

Luis assure que "la Hongrie n’est pas du tout un pays homophobe. Ici, je pourrais sucer un gars dans la rue, si je le voulais, qu’il ne m’arriverait rien !".

Après un éclat de rire, il admet qu’il exagère.

Même s’il insiste sur le sentiment de sécurité que la communauté LGBT ressent à Budapest.

Tamás assure que "la capitale est globalement sûre pour les personnes queers".

Il est membre de "Háttér Society", association pro-LGBT.

"Les Hongrois sont généralement peu violents. Malheureusement, nous constatons une recrudescence de la violence homophobe et transphobe, directement liée aux propos tenus par le gouvernement. Récemment, un homme a menacé au couteau un couple de lesbiennes qui se tenait la main dans un tramway. Interpellé par la police, il a jugé qu’il ne faisait qu’appliquer ce que le Premier ministre avait dit".

Il faut dire que, depuis 2020, Viktor Orbán multiplie les atteintes aux droits des minorités sexuelles et de genre. 

En 2025, le gouvernement d’extrême droite est allé jusqu’à interdire la Gay Pride.

Effet inverse obtenu : 200 000 personnes ont déambulé dans les rues de Budapest.

En colère, Zoltán, 53 ans, était présent pour la première fois.

"La soi-disant loi sur la protection des mineurs est en réalité anti-LGBT. Désormais, les libraires sont même obligés de cacher les couvertures des ouvrages qui parlent de personnes queers" dénonce-t-il.

"Je n’ai même pas de mot pour expliquer ce que je ressens face à l’amalgame que ce gouvernement ose tracer entre homosexualité et pédocriminalité. C’est immonde" ajoute András.

Homosexuel de 44 ans, il se souvient avoir traversé une période de "sérieuse dépression".

"Je me suis senti tellement rejeté par mon pays. En haut, si tu ne leur sers pas, ils t’humilient. C’est comme une putain de mafia".

Aujourd'hui, en première ligne, se trouvent les transgenres, visés par l’abrogation du droit au changement de genre auprès de l’État civil.

Même si tous ces témoignages montrent de la combativité, András et ses amis admettent qu'ils ne crient pas dans les rues que "nous sommes gays".

Ils adoptent des comportements "passe-partout".

Zoltán assure qu'il n'a "jamais vraiment voulu exprimer mon identité à travers mes vêtements. Mais, peut-être que ça me permet aussi de me cacher plus facilement".

En 2023, 71% des LGBT déclaraient éviter de se tenir la main en public.

C’était 17 points au-dessus de la moyenne européenne.

"On ne se tient pas la main et on n’a pas l’habitude de s’embrasser en public. Je n’ai pas le souvenir que ça soit arrivé" témoigne Zoltán.

Pourtant, il fait état d'une relation de trente ans avec son compagnon.

Si le peuple hongrois semble de plus en plus ouvert aux LGBT, la politique du gouvernement pousse un grand nombre d'entre eux à fuir le pays.

András estime qu'un grand nombre de LGBT, ayant de bonnes compétences et opportunités, ont déjà quitté le pays.

Ceci dit, certains sont temporairement rentrés pour voter dimanche.

Car l’enjeu est grand.

Pour la première fois depuis seize ans, Viktor Orbán pourrait perdre les élections. 

Toutefois, Péter Magyar, son opposant, reste volontairement flou sur la question des droits des minorités sexuelles et de genre.

Sur les réseaux sociaux, les membres de la communauté LGBT débattent du bien-fondé du "vote utile".

Avec l’espoir de faire tomber le Premier ministre. 

Zoltán espère que la Gay Pride sera de nouveau autorisée, si la Hongrie a un nouveau Premier ministre.

András jure qu’il ne demande "pas grand-chose à ce nouveau gouvernement".

"Laissez-moi être gay en paix, c’est tout ce que je demande" lance-t-il.

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