28/03 ▒ POLITIQUE ▒ Et maintenant, que vais-je faire ?

Les Français ont voté et de nombreux maires ont été battus.

D'autres ne se représentaient pas.

Depuis lundi et jusqu'à demain, les passations de pouvoir se déroulent dans toute la France.

Avec de l'amertume pour ceux qui ont subi une défaite.

Sur fond de nostalgie pour ceux qui arrêtent de leur plein gré.

Qulque soit le cas, cette dernière séance est forcément particulière. 

Notamment, pour trois d'entre eux.

Que vont-ils devenir ?

À Paris, Anne Hidalgo va quitter son bureau demain.

Après douze ans de mandat, elle ne s'est pas représentée.

Depuis l'élection d'Emmanuel Grégoire, son successeur, elle a multiplié les cérémonies d'adieux et de remerciements.

Elle a reçu la médaille d'honneur de la préfecture de police de Paris et son nom a été gravé sur l'un des vitraux du couloir de l'hôtel de ville.

Au-dessous de ceux de Jacques Chirac, Jean Tibéri et Bertrand Delanoë, ses prédécesseurs.

Anne Hidalgo a également publié un dernier message à destination des Parisiens sur les réseaux sociaux.

"Je vais redevenir une Parisienne parmi les Parisiennes. Je vais vivre pleinement ma ville que j'aime tant. Et où que je sois, quoique je fasse, je resterai profondément attaché à vous".

Quel peut-être son avenir ? 

"Elle restera fidèle à l'adage qui est le sien" assure Hervé Marro, qui fut son conseiller durant le premier mandat. 

"C'est un poème d'Antonio Machado, écrivain espagnol, qui dit ceci : Marcheur, il n'y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant".

Avant de quitter sa mairie, Anne Hidalgo a fait campagne pour devenir "Haut-commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés".

Sa candidature n'a pas été retenue.

"L'international, où elle est extraordinairement populaire, reste son objectif. Son engagement sur les enjeux climatiques sera au cœur de sa boussole d'action. Elle réfléchit encore à plusieurs possibilités" explique Hervé Marro.

Peut-elle replonger dans la politique nationale après sa cuisante défaite au premier tour de l'élection présidentielle de 2022 ? 

Elle avait obtenu 1,75% des suffrages. 

"Elle va peser nécessairement à gauche. C'est une femme qui aura compté dans l'histoire de cette ville et donc un peu dans l'histoire du pays. Sa voix continuera à porter" déclare une sénatrice PS.

"C'est une voix libre. Nous avons besoin de son expérience de maire autant que de sa vie d'engagement à gauche. C'est précieux pour le débat démocratique" ajoute Michaël Delafosse, maire socialiste de Montpellier.

"Je pense que l'histoire reconnaîtra son bilan à la tête de Paris. Elle peut naturellement apporter quelque chose au parti de part son expérience, même si dans son esprit et dans celui des militants, il ne peut être question qu'elle porte à nouveau la candidature socialiste à la présidentielle" tempère Romain Eskenazi, porte-parole du groupe PS à l'Assemblée nationale.

Autre battu : François Bayrou, à Pau.

Victime d'une triangulaire, dimanche, François Bayrou a annoncé qu'il ne siégera pas au conseil municipal.

Hier, il était absent lors de l'assemblée qui a désigné son successeur, Jérôme Marbot, comme le nouveau maire de la ville des Pyrénées-Atlantiques. 

C'est la fin de sa carrière politique locale entamée en 1982.

Mais, ce n'est sans doute pas la fin de sa carrière politique nationale.

"Il va bien. Il est très vite remonté sur son cheval. Sa défaite est une déception, mais ce n'est pas une surprise. Matignon + Bétharram, ça faisait beaucoup. Il savait que ça allait être compliqué" expliquent ses proches.

Pendant toutes les municipales, il s'est astreint à se tenir éloigné des joutes nationales.

François Bayrou va s'atteler à finir l'écriture d'un livre et reste président du MoDem. 

Même si, à 74 ans, il semble avoir abandonné toute ambition présidentielle, en tant que chef de parti, il reste incontournable.

"Est-ce qu'il est disqualifié par cette défaite ? Je ne le crois pas" juge Erwan Balanant, député MoDem du Finistère. 

"Il va garder une influence dans ce qui va se passer l'an prochain. Ce n'est pas la fin de sa carrière politique".

Détour par la Côte d'Azur.

À Nice, l'élection du maire a également eu lieu vendredi. 

Maire sortant, Christian Estrosi n'était pas présent.

Après trois mandats, il s'est ainsi évité le désagrément de remettre l'écharpe tricolore à son rival, Éric Ciotti, qui l'a battu au terme d'une campagne rude.

Au lendemain de sa défaite, Christian Estrosi, âgé de 70 ans, a annoncé son retrait de la vie politique niçoise.

Mais, pas nationale. 

"Je vais mettre à profit cette période de recul pour réfléchir à l’avenir. Je ne peux pas voir mon pays subir l'année prochaine le même sort que ma ville. Mon expérience de cette élection servira à apporter ma part de réflexion pour empêcher cela au niveau national" a confié le vice-président du parti Horizons.

Christian Estrosi avait en cours l'écriture d'un livre, qu'il va enrichir de l'expérience de cette campagne électorale. 

"J'entre maintenant dans un temps de méditation" conclut l'ancien maire.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

08/12 ▒ THÉÂTRE ▒ "C'est avant tout un hymne à la joie".