25/03 ▒ HONGRIE ▒ Mince espoir de progrès au sein de la communauté LGBT...
Même si Geza Buzas-Habel, militant LGBT, espère la défaite de Viktor Orban lors des élections législatives du 12 avril prochain, il doute qu'un changement à la tête du pays améliorera vraiment le sort de la communauté LGBT.
Depuis 2020, le gouvernement hongrois s'attaque régulièrement aux droits des minorités sexuelles et de genre.
Au nom de "la défense des valeurs traditionnelles".
Ces atteintes, sans équivalent au sein de l'Union Européenne, sont symbolisées par l'interdiction des Gay Pride.
L'adversaire de l'actuel Premier ministre est Péter Magyar, conservateur dont le parti, "Tisza", arrive en tête des intentions de vote.
Tout en répétant qu'il est pour l'égalité, il s'abstient de prendre une position claire sur les droits LGBT.
"Revenir aux lois qui étaient en vigueur avant les modifications apportées par Orban serait déjà un progrès" estime Gez Buzas-Habel.
"L'opposition ne se positionne pas sur nos droits. Il faut qu'on maintienne la pression".
Ce militant homosexuel fait partie des personnes poursuivies en justice pour avoir organisé une "Marche des Fiertés", à Pecs, en octobre 2025.
Malgré l'interdiction, plus de 200 000 personnes avaient participé à celle de Budapest.
Un véritable camouflet pour Viktor Orban.
"C'était comme une bouffée d'oxygène, après toutes ces réformes qui veulent nous asphyxier" analsye Hella Zsirka, femme transgenre et membre de "Hatter Society", association LGBT.
Elle a pu modifier son état civil avant l'entrée en vigueur, en 2020, d'une loi l'interdisant.
Hella Zsirka estime que "ces durcissements législatifs attisent les comportements hostiles envers la communauté LGBT. Dernièrement, un couple de lesbiennes a été menacé par un homme armé d'un couteau. Devant le tribunal, il a déclaré qu'il était dans son bon droit, puisqu'Orban le dit".
Comme de nombreux militants LGBT, elle se dit "déçue que Péter Magyar ne vole pas au secours de la cause LGBT".
Selon certains observateurs, cela s'explique tactiquement.
"Pour l'emporter, il lui faut convaincre davantage d'électeurs des petites villes et des campagnes, plus conservateurs, en partant du principe que l'électorat urbain lui est acquis" explique l'un d'eux.
Il ajoute que "le parti de Viktor Orban a largement sous-estimé la réaction de solidarité de la population après l'interdiction des Gay Pride".
En attendant, les militants LGBT ont des problèmes très concrets à gérer.
Geza Buzas-Habel et son association ne peuvent pas chauffer leurs locaux, faute de financement.
Lui-même a perdu son emploi d'enseignant dans un lycée.
Un ordre venu du gouvernement, selon lui.
Actuellement, il postule dans de nombreux établissements.
À chaque fois, la réponse est la même : "On doit attendre le résultat du vote d'avril".

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