20/03 ▒ LIRE ▒ Homophobie, sexisme, incitation à l'alcool et autosatisfaction...

Même lorsqu'on a été un scientifique de renom, avoir été à la tête du plus grand centre dédié aux maladies infectieuses de France, cela n’empêche pas d’écrire des inepsies.

Et d'en faire un livre.

C'est le cas de Didier Raoult dans "La société du factice. Journal d’un complotiste".

Et c'est un vrai festival ! 

Lien entre taille des doigts et orientation sexuelle.

Réflexions sexistes sur l'infériorité des femmes.

Remise en cause de la dangerosité de l’alcool.

Tout y passe.

Dès les premières pages, Didier Raoult s’attaque à la "théorie du genre".

Il y oppose ce qui est "inné" et ce qui est "acquis" chez les hommes et les femmes. 

Une longue démonstration qui débouche sur "la comparaison de la taille des doigts".

Et Didier Raoult de faire le lien entre longueur de doigts et homosexualité.

Il relaie ainsi une théorie qui repose sur une soi-disant association de données.

"Ces corrélations ont été répétées plusieurs fois et démontées plusieurs fois. On n’a jamais réussi à démontrer de lien exact" note Mathias Chaillot, auteur de "4% en théorie", livre qui revient sur les théories autour de l’origine de l’homosexualité. 

"Certaines études ont même trouvé exactement l’inverse de ce qui est dit dans cette théorie".

Dans son attaque sur la "théorie du genre", Didier Raoult fait un détour par la "réussite sportive des femmes". 

"Réussite qui existe à condition qu’elles soient séparées des hommes" écrit-il.

"Pour que des femmes puissent devenir de grands maîtres d’échecs, on a créé des compétitions qui leur sont réservées, puisqu’elles peinent à être classées dès lors qu’elles jouent en même temps que les hommes".

Il est vrai qu’en France deux classements existent.

Un mixte et un autre uniquement féminin. 

Pour permettre aux femmes de jouer dans "une ambiance conviviale et les encourager à rejoindre le circuit".

Autre sujet abordé par Didier Raoult dans son livre : la lutte contre l’alcool.

Il explique que certains spécialistes de santé publique "soutiennent que, dès la première goutte, l’alcool est toxique. C'est un mensonge".

Didier Raoult assure avoir "démonté" cette affiramtion en s’appuyant sur un graphique montrant "l’impact de l’alcool sur la durée de vie".

"Ce graphique démontrait que les gens qui avaient la durée de vie la plus importante étaient ceux qui buvaient un à deux verres d’alcool ou de vin par jour. Pas ceux qui en buvaient zéro" écrit-il.

Cette idée, selon laquelle les personnes consommant un à deux verres d’alcool ou de vin par jour auraient une plus grande durée de vie, est biaisée.

"Beaucoup de personnes ne boivent pas ou ont cessé de boire, parce qu’elles sont malades et en mauvaise santé. D’où une association, mais non causale, avec une altération de leur espérance de vie" explique Jean-Michel Delile, addictologue et président de "Fédération Addiction".

Il précise qu’il existe "des repères de consommation de moindres risques, mais pas sans risques".

Outre ses affirmations, à plusieurs reprises, Didier Raoult fait parler son ego.

Il rappelle qu’il a été "classé comme le premier microbiologiste d’Europe, puis du monde".

"Que ce soit en nombre ou en qualité de publications, de citations ou de participations à la rédaction des journaux, personne n’était plus compétitif que moi" écrit-il.

Un statut qui repose sur "l’indice H", soit la quantité de travail produit et cité. 

Sauf que...

La quantité ne fait pas la qualité.

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