26/02 ▒ BRÉSIL ▒ Lourdes peines pour les commanditaires de l'assassinat...
Huit ans après l'assassinat de Marielle Franco, à Rio de Janeiro, la justice a enfin jugé les hommes soupçonnés d’avoir commandité sa mort.
Mardi, la Cour suprême s’est penchée sur l’un des crimes politiques les plus marquants de l’histoire du Brésil.
Le 14 mars 2018, Marielle Franco, la conseillère municipale de Rio de Janeiro, alors âgée de 38 ans, est la cible de tirs nourris en plein centre-ville.
Elle est son chauffeur meurent sur le coup.
Très vite, l’émotion dépasse les frontières du Brésil.
Femme noire, issue d’une favela, engagée pour les droits des habitants des quartiers populaires, des femmes et des LGBT, Marielle Franco incarnait une voix puissante contre les violences policières et les milices.
Si les exécutants ont bien été condamnés en 2024, une question continuait de hanter le pays.
Qui a ordonné le crime ?
À l’ouverture du procès, le vice-procureur a été catégorique.
"Il n’y a aucun doute sur la culpabilité des commanditaires présumés" a-t-il lancé.
Dans le viseur de l’accusation, on trouve Chiquinho Brazao, ancien député, et son frère, Domingos Brazao, ex-député lui aussi.
Selon le parquet, ils ont "une paternité criminelle dans l’assassinat de Marielle Franco".
Le procès s'est tenu devant la Cour suprême en raison du statut parlementaire de Chiquinho Brazao au moment des poursuites.
D’après l’accusation, Marielle Franco s’opposait à des projets qui facilitaient l’accaparement de terres par des milices à Rio de Janeiro.
Peu à peu, ces groupes criminels sont devenus de puissants réseaux d’extorsion, soupçonnés de liens politiques.
"Marielle représentait un risque pour les intérêts des frères Brazao" a déclaré le vice-procureur.
Dans une salle comble, les proches de Marielle Franco étaient présents.
Ainsi que l'actuelle ministre de l’Égalité raciale.
"Le Brésil a le devoir de montrer que l’État poursuit également ceux qui ordonnent des crimes" a déclaré la veuve du chauffeur de Marielle Franco.
"Des personnes, qui se considéraient comme intouchables, se retrouvent aujourd’hui sur le banc des accusés" s'est félicité "Amnesty International".
Trois autres accusés comparaissaient également.
Parmi eux, l’ancien chef de la police civile de Rio de Janeiro.
Il était soupçonné d’avoir "œuvré pour assurer l’impunité des commanditaires".
Au terme des délibérations, les deux frères ont été condamnés à 76 ans de prison.
L'ancien chef de la police a été condamné à 18ans de prison.

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