21/01 ▒ SOCIÉTÉ ▒ En France aussi, le "maculinisme" tisse sa toile...

Le "Haut Conseil à l’Égalité" vient de publier son rapport annuel sur l’état du sexisme en France. 

Et le résultat est édifiant.

Pour commencer, le rapport attire l’attention sur une dynamique préoccupante.

"Certaines expressions de sexisme hostile ne relèvent plus seulement de pratiques individuelles isolées, mais s’inscrivent dans des logiques d’adhésion et de mobilisations idéologiques collectives. Elles mettent en lumière la porosité croissante entre sexisme hostile et radicalisation masculiniste".

Selon le rapport, ces mouvances, structurées en réseaux et favorisées par une numérisation croissante et rapide, constituent "un risque majeur pour la cohésion sociale, la sécurité publique et, plus largement, pour les principes démocratiques".

Le HCE met l’accent sur le "sexisme paternaliste" et le "sexisme hostile".

"Deux visions patriarcales qui peuvent se transformer en sexisme violent. Le premier est un sexisme qui s’ancre dans des représentations paternalistes, souvent perçues comme positives, protectrices ou de bon sens, et donc, socialement plus acceptables".

Dans le détail, 75% des personnes interrogées estiment que les femmes doivent être "protégées et aimées par les hommes".

62% considèrent que les femmes sont "naturellement plus douces".

78% estiment que "les hommes doivent assumer la responsabilité financière de la famille".

68% jugent "normal que les femmes interrompent plus longtemps leur activité après une naissance".

Le second sexisme, dit "hostile", est associé à des situations de contrainte, de doute sur le consentement et de tolérance à la violence. 

7% des hommes interrogés estiment "acceptable d’insister pour obtenir un rapport sexuel".

26% reconnaissent avoir déjà douté du consentement de leur partenaire.

24% des hommes estiment "normal qu’une femme accepte un rapport sexuel pour faire plaisir à l'homme ou par devoir".

Ce rapport permet de connaître "l’état actuel de la société".

17% des personnes de 15 ans et plus adhèrent au "sexisme hostile". 

Pour le "sexisme paternaliste", on compte environ 7,5 millions d’hommes et 5 millions de femmes qui y adhèrent.

"Les hommes sont majoritaires, mais les femmes véhiculent, elles aussi, ces normes".

Enfin, l’âge est aussi à prendre en compte. 

Plus l’âge augmente, moins le sexisme est perçu comme un problème social. 

En outre, les réseaux sociaux apparaissent clairement comme des espaces de cristallisation et d’amplification des discriminations et des violences faites aux femmes et minorités de genre. 

Le "cybersexisme" est la première forme de discours de haine en ligne, selon le rapport.

84% des victimes sont des femmes. 

De plus, les limites de la régulation de ces contenus haineux et sexistes sont encore nombreuses.

Avec un rayonnement de plus en plus flagrant du "masculinisme", qui refuse l’égalité et cherche à maintenir la domination masculine.

"Ce mouvement repose sur trois piliers : le mythe de l’égalité déjà atteinte, la théorie de l’inversion, selon laquelle les hommes seraient devenus les victimes et le discours de la crise de la masculinité, qui présente les hommes comme menacés dans la société".

D’après le rapport du "Haut Conseil à l’Égalité", 60% des hommes pensent que les féministes veulent donner plus de pouvoir aux femmes qu’aux hommes.

60% jugent que les revendications des féministes sont exagérées. 

Ces discours s’inscrivent "dans un écosystème international nourri par l’extrême droite et les mouvements anti-genre".

Le rapport qualifie le "masculinisme comme étant une menace d’ordre public".

Il le considère comme "un enjeu de sécurité nationale".

"Il peut légitimer le passage à l’acte, banaliser des violences et, dans ses formes les plus extrêmes, aller jusqu’à l’apologie du viol et du meurtre".

Face à cette situation préoccupante, le HCE appelle à "une réponse publique cohérente et coordonnée".

Selon lui, un renforcement effectif de la régulation numérique, une politique de prévention de la radicalisation et la reconnaissance du "masculinisme" comme enjeu de sécurité publique et nationale, sont indispensables.

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