19/12 ▒ OISE ▒ Ouverture du premier "Centre LGBT"...
C'est une première pour le département.
Mercredi, le "Centre LGBT" de Beauvais a ouvert ses portes.
Un projet porté par le Samu social de l’Oise, l’État et la mairie.
Il sera un lieu d’accueil, d’écoute et d’accompagnement destiné aux LGBT, à leurs proches et aux professionnels.
L’inauguration s’est déroulée en présence de Mathias Ott, délégué interministériel de la Dilcrah, "Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT", Franck Pia, maire de Beauvais, Alexis Derache, président du Samu social de l’Oise et Christelle Bronchart, déléguée départementale de l’Oise aux droits des femmes et à l’égalité.
Le préfet du département était également présent.
Le projet a bénéficié d’une aide financière de 50 000 euros de la part de l'État.
"Nous sommes vraiment très heureux, aux côtés des services de l’État, du préfet de l’Oise et du gouvernement, d’avoir pu accompagner ce projet" a déclaré Mathias Ott.
Pour Alexis Derache, "l’ouverture de ce centre répond à un besoin clairement identifié. Nous avons constaté qu’il manquait un lieu structuré pour accueillir et accompagner les LGBT, mais aussi leurs familles, leurs proches, les employeurs ou encore les responsables associatifs et sportifs".
Sur le terrain, la réalité reste difficile.
Certaines personnes continuent de vivre cachées.
Par peur du regard des autres ou des conséquences professionnelles et familiales.
"Il y a encore des personnes qui n’osent pas dévoiler leur identité ou leur orientation sexuelle. Cela a un impact direct sur leur santé mentale et leur capacité à s’épanouir" insiste Alexis Derache.
Selon lui, "si des avancées existent, il reste du travail à faire. Notamment, en matière d’éducation et de sensibilisation".
Le nouveau centre proposera des permanences d’accueil, de l’écoute, de l’orientation vers des partenaires spécialisés, mais aussi des groupes de parole, des actions de prévention et de sensibilisation.
Pour les associations de terrain, il représente aussi un véritable soulagement.
Coline Potier, déléguée de "SOS Homophobie" en Picardie, dresse un constat.
"Le territoire est précaire. Les moyens sont limités et les bénévoles sont peu nombreux. Beaucoup commencent à être fatigués de porter seuls ces combats. Avoir un lieu soutenu par l’État, avec au moins un salarié, même à temps partiel, c’est fondamental. Cela permet de structurer les actions, de construire des projets et d’assurer un accompagnement plus régulier".
L’ouverture de ce centre intervient dans un contexte préoccupant.
Dans les Hauts-de-France, un peu plus de 500 actes LGBTphobes ont été officiellement recensés en 2024.
Et la majorité des victimes ne porte pas plainte.
Selon les associations, le nombre réel pourrait être deux à trois fois supérieur aux chiffres officiels.
Dans ce contexte, le "Centre LGBT" de Beauvais apparaît comme un point d’ancrage essentiel pour la communauté.

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