31/10 ▒ CALVADOS ▒ Un an de harcèlement homophobe et raciste...
En septembre 2025, Jérémy Colombel et son conjoint, d’origine malgache, se sont installés à Honfleur pour ouvrir un restaurant.
Depuis, le couple est victime d’insultes et menaces racistes et homophobes.
Trois plaintes ont été déposées.
Jérémy Colombel est le propriétaire du "Sissi et Voltaire".
Complètement étranger à la restauration, il a souhaité créer un commerce qui change.
Avec une carte de cuisine du monde, fusion des spécialités françaises et malgaches.
Seulement, il ne se sent plus en sécurité.
"À notre arrivée, le quartier était content. À part quelques personnes qui se méfiaient de notre activité de bar à vins. Mais, il n’y a jamais eu aucun problème de bruit" explique Jérémy Colombel.
Pourtant, assez rapidement, le couple est victime de menaces, telles que "je vais vous brûler", suivies d’insultes homophobes et racistes.
Plus tard, Jérémy Colombel retrouve sa voiture avec les quatre pneus crevés.
Lundi, il s'est rendu au commissariat d'Honfleur pour la troisième fois.
Il a trouvé sa voiture emboutie.
"Volontairement" selon lui.
"Un touriste m’a assuré avoir été témoin de la scène. Il a vu un véhicule qui reculait et avançait pour pousser ma voiture. Sa compagne a pu photographier la plaque d’immatriculation".
Aujourd'hui, Jérémy Colombel estime que "rien n’a bougé".
"Je n’ai aucune nouvelle de la police et, lorsque je suis reçu, soit j’entends que l’enquête avance sans éléments supplémentaires, soit que c’est la faute à pas de chance".
Jérémy Colombel a également écrit à la mairie afin de l’informer de sa situation.
Il assure que les menaces continuent.
"Au quotidien, ce sont des bras d’honneur à notre encontre, des crachats sur les fenêtres, une vitrine brisée. Le soir, même si j’habite à 700 mètres du restaurant, je préfère être raccompagné en voiture. J’ai peur d’être attendu à l’angle d’une rue. On se sent vraiment visés en raison de notre identité et cela va se terminer par un drame".
Des attaques qu’il n’a jamais connues auparavant.
"À aucun stade de ma vie, je ne me suis senti exclu ou ciblé pour mon orientation sexuelle. C’est difficile de vivre ça à mon âge. Sans arrêt depuis un an".
Pour que son conjoint, ses trois salariés et lui-même se sentent en sécurité, Jérémy Colombel souhaite davantage de caméras de surveillance.
Nicolas Pubreuil, maire d'Honfleur, se dit sensible à cette situation.
"Il est hors de question qu’il existe des comportements de ce caractère à Honfleur. Mais, la vidéosurveillance ne doit pas se substituer à l’humain. C’est un outil, pas une baguette magique. La police, elle, confirme bien qu’une enquête est en cours".

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