30/10 ▒ SANTÉ ▒ La baisse du besoin sexuel est-elle évitable ?

De moins en moins d'envie de relations sexuelles.

Des érections plus rares au réveil.

Après 50 ans, ces signes peuvent trahir un déficit en testostérone.

C'est ce qu'on appelle l'andropause.

Elle concerne 10 à 20% des hommes de cet âge et jusqu’à 50% après 70 ans. 

Des solutions existent, à condition de respecter quelques règles.

Andropause est finalement un mot trompeur.

Contrairement à la ménopause qui survient chez toutes les femmes, la baisse hormonale masculine n’est, ni brutale, ni systématique. 

C’est pourquoi les médecins préfèrent parler de "déficit androgénique lié à l’âge".

Soit un déficit en testostérone, lorsque cette baisse s’accompagne de symptômes qui altèrent la qualité de vie. 

La diminution de cette hormone sexuelle mâle est progressive.

Elle varie d’un homme à l’autre et ne touche pas tout le monde.

Pour les urologues, la diminution des érections nocturnes et matinales est un signe d’alerte.

En outre, l’érection est plus longue à obtenir, malgré des stimulations plus intenses, et retombe plus vite. 

Le délai avant de pouvoir avoir un nouveau rapport s’allonge, le désir s’émousse, les rapports s’espacent, l’orgasme peut perdre en qualité et l’éjaculation devient moins abondante et moins puissante. 

Fatigue, bouffées de chaleur, sueurs, troubles du sommeil, irritabilité, humeur morose, trous de mémoire ou difficultés d’attention.

Ces symptômes complètent souvent le tableau d’un déficit de testostérone.

Pour établir le bon diagnostic, le médecin peut s’appuyer sur dix questions simples.

1 - Éprouvez-vous une baisse du désir sexuel ?

2 - Éprouvez-vous une baisse d’énergie ?

3 - Éprouvez-vous une diminution de force et/ou d’endurance ?

4 - Votre taille a-t-elle diminué ?

5 - Avez-vous noté une diminution de votre joie de vivre ?

6 - Êtes-vous triste et/ou maussade ?

7 - Vos érections sont-elles moins fortes ?

8 - Avez-vous noté une altération récente de vos capacités ?

9 - Vous endormez-vous après le dîner ?

10 - Votre rendement professionnel s’est-il réduit ?

Une réponse positive aux questions 1 et/ou 7, ou à au moins trois questions, oriente vers un déficit en testostérone.

Pour établir le diagnostic, certains praticiens se fondent sur la valeur de la testostérone totale.

"C’est plutôt la valeur de la testostérone libre ou biodisponible qu’il faut prendre en compte" explique Éric Huygues, urologue.

Si le déficit se confirme, d’autres examens permettent de préciser l’origine de la baisse de testostérone.

À noter également que diabète, obésité, alcool, sédentarité, mais aussi certains médicaments ou maladies chroniques favorisent le déficit.

Perdre du poids et pratiquer une activité physique régulière font partie intégrante du traitement.

"Environ 340 000 hommes, en France, présenteraient un déficit en testostérone s’accompagnant de symptômes. Seulement 70 000 d’entre eux, soit 20%, sont sous traitement substitutif" indique Éric Huygues. 

"Or, le traitement du déficit en testostérone est efficace et sans risque. Non seulement il améliore la sexualité et la qualité de vie, mais il a également un impact positif sur la santé générale. Contrairement à une idée répandue, des recherches approfondies ont confirmé qu’un taux élevé de testostérone n’est pas lié à un risque accru de cancer de la prostate".

Ainsi, quand le déficit est confirmé et associé à des symptômes, un traitement par testostérone peut être proposé.

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