13/10 ▒ POLITIQUE ▒ Faire de la sérophobie un délit...

Alors que la France s’est engagée à une éradication de l’épidémie du Sida d’ici 2030, Anne Souyris, sénatrice écologiste, et Rémi Féraud, sénateur PS, soulignent que la sérophobie persiste largement. 

Car, malgré l’existence de traitements hautement efficaces, les discriminations visant les personnes porteuses du VIH demeurent quotidiennes.

"On est face à un phénomène que l’on pensait éteint depuis les années 90, car il y a eu des traitements, des lois contre un certain nombre de discriminations. Notamment, sur l’homophobie et la transphobie. Mais en réalité, on voit que cette discrimination persiste chez les soignants, dans les assurances, dans le milieu du travail, mais aussi dans la rue" explique Anne Souyris.

C'est pourquoi les deux sénateurs vont déposer une proposition de loi visant à reconnaitre la sérophobie comme une "discrimination condamnable".

À ce jour, si la loi reconnaît l’état de santé comme motif de discrimination, elle ne mentionne pas explicitement le statut sérologique. 

Pour rappel, la discrimination, qu’elle soit directe ou indirecte, est définie par la loi de 2008 portant diverses dispositions d’adaptation au droit communautaire dans le domaine de la lutte contre les discriminations. 

Selon Anne Souyris, "cette proposition de loi arrive dans un moment de violence sociale importante sur laquelle on doit visibiliser des solutions. Il n’y a pas tout dans cette loi, mais l’important est surtout d’inscrire cette discrimination comme une discrimination à part entière".

Cette proposition de loi s’inscrit dans un contexte particulier. 

En effet, si le nombre d’adultes découvrant leur séropositivité diminue, il augmente chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans.

Cette proposition de loi est un "travail collectif fait avec les acteurs du terrain".

Elle met trois sujets en avant. 

Le vieillissement, "car ce n’est pas parce que les personnes vieillissent qu’elles ne sont pas dignes d’un accompagnement".

La coordination médicale.

L'isolement.

Le texte invite à mettre en place des formations pour sensibiliser les aides-soignants.

Il met l’accent sur la santé mentale.

Le projet de loi a été remis à la ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations.

"Aujourd’hui encore, les personnes sont discriminées parce qu’elles vivent avec le VIH. Dans leur travail, dans leur vie sociale, dans leur vie sexuelle et, parfois, jusque dans leur parcours de soin. C’est cela la sérophobie" a déclaré Aurore Berger. 

Toutefois, si la ministre veut témoigner de "son engagement dans la reconnaissance de la sérophobie", certaines associations restent sur leurs gardes.

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