07/10 ▒ PARIS ▒ Imbroglio autour de l'ouverture des lieux LGBT...

À quelle heure doit s'arrêter la fête dans le Marais le soir de la Gay Pride ? 

Chaque année, la question revient.

Après la "Marche des Fiertés", qui s'est déroulée samedi, les forces de l'ordre ont demandé aux établissements du quartier de couper la musique à minuit trente. 

Pourtant, fin juin, quand l'événement devait se dérouler avant d'être annulé, les bars avaient été autorisés à organiser des DJ sets jusqu'à 2 heures du matin. 

Pour justifier cette différence de traitement, la préfecture de police a invoqué "un contexte particulièrement chargé en événements nécessitant une importante mobilisation des forces de l'ordre. Entre mobilisations lycéennes et accueil du pape, mais aussi de nombreuses plaintes de riverains faisant état de nuisances sonores".

La décision passe d'autant plus mal auprès des établissements concernés qu'elle leur a été annoncée à la dernière minute. 

"Ce n'est que l'avant-veille de la Pride que nous avons appris que l'on n'aurait le droit de faire de la musique dans la rue que jusqu'à minuit trente" regrette Rémi Calmon, directeur du "Sneg & Co", syndicat des entreprises LGBT.

"Or les établissements ont besoin de s'organiser bien en amont. Nous recourons à une entreprise de sécurité privée, nous réservons des DJ et faisons appel à la Croix-Rouge. Une soirée de Pride ne s'organise pas du jour au lendemain" ajoute Frédéric Hervé, patron de trois établissements.

"Rien à faire ! À minuit trente, il y avait de nombreux agents pour nous demander d'arrêter de faire du bruit. Nous avons quand même continué, quitte à avoir une contravention" explique Rémi Calmon. 

"Parfois, il faut savoir se rebeller un peu lorsque c'est nécessaire. D'autant que nous avions des informations contradictoires" ajoute Frédéric Hervé.

Selon la mairie de Paris, "permettre aux animations de se poursuivre jusqu'à 2 heures relève du bon sens".

"Cela me semble difficilement applicable de demander aux gens d'évacuer la rue peu après minuit un soir de Pride" a déclaré Emmanuel Grégoire, maire de Paris.

"À Londres, Amsterdam ou Berlin, personne n'oserait demander à un bar de fermer ses animations à minuit un soir de Pride !" renchérit Frédéric Hervé. 

C'est pourquoi le "Sneg & Co" réclame un cadre clair qui permettra aux établissements d'anticiper. 

Cette demande est soutenue par la mairie de Paris qui souhaite formaliser ce dispositif pour les prochaines éditions.

Plus largement, le syndicat aimerait que "les pouvoirs publics prennent en compte la spécificité des établissements LGBT".

"C'est très difficile de faire vivre un lieu communautaire. Il n'y a qu'à voir les fermetures petit à petit. Nous avons besoin d'être aidés plutôt que fliqués pour continuer à rester un refuge".

Pour 2027, les établissements LGBT et la mairie espèrent donc éviter une nouvelle négociation de dernière minute. 

Avec, en ligne de mire, la reconnaissance de la spécificité du quartier et de ses établissements LGBT les soirs de Gay Pride.

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