25/09 ▒ RELIGION ▒ Ce que les LGBT attendent de la visite pontificale...

Ce matin, Léon XIV est arrivé en France pour une visite de quatre jours.

Alors que son pontificat commence à prendre forme, les catholiques LGBT scrutent les premiers signaux envoyés par le pape.

Maintien de l’ouverture pastorale, évolution de la doctrine, reconnaissance des personnes transgenres.

Autant de sujets sur lesquels les attentes restent fortes.

Cette visite en France ne sera pas l’occasion de grandes annonces doctrinales. 

Mais, pour les catholiques LGBT, sa venue intervient à un moment particulier.

Un peu plus d’un an après son élection, la ligne de Léon XIV sur les questions LGBT commence à se préciser.

"Il y a des messages très chouettes qui sont portés depuis son élection. Notamment, sur la paix ou l’écologie. Mais, il n’y a toujours pas eu de grosses annonces concernant les personnes LGBT" constate Claire, lesbienne et membre de "D&J Arc-en-Ciel", association qui milite pour une meilleure intégration des LGBT au sein de l’Église. 

À ce stade, elle ne prévoit pas d’assister aux célébrations organisées pendant la visite.

Selon elle, le pontificat de François avait ouvert une brèche. 

"C’était un showman, un vrai réformateur".

Dès 2013, le pape argentin avait marqué les esprits en déclarant que, "si une personne est gay et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger ?".

Dix ans plus tard, il insistait : "Il y a de la place pour tout le monde dans l’Église. Personne n’est superflu".

Cette ouverture s’est aussi traduite par plusieurs décisions. 

En novembre 2023, le Vatican précisait qu’une personne transgenre pouvait recevoir le baptême dans les mêmes conditions que les autres fidèles.

Y compris après un traitement hormonal ou une opération.

Quelques semaines plus tard, François approuvait "Fiducia supplicans", texte qui autorise les prêtres à bénir de manière spontanée et non liturgique des couples homosexuels.

"J’ai toujours voulu que nos vécus LGBT et notre foi se nourrissent l’un l’autre" souligne Claire. 

Depuis l’élection de Léon XIV, elle attend de savoir jusqu’où cette dynamique se poursuivra.

Théo Moy, journaliste au "Cri média", magazine catholique progressiste, voit dans Léon XIV "un pape du christianisme social, attaché à une Église ouverte à tous".

Mais, il n'attend pas de sa venue en France des avancées immédiates sur les sujets LGBT.

Selon lui, elle sera davantage placée sous le signe du dialogue et du rassemblement.

Depuis son élection, Léon XIV s’est peu exprimé sur les questions LGBT. 

Toutefois, en septembre 2025, il recevait James Martin au Vatican.

Ce jésuite américain est connu pour son travail auprès des catholiques LGBT. 

À l’issue de leur entretien, il estimait que le pape entendait poursuivre l’approche d’ouverture de François envers les LGBT.

Quelques mois plus tard, lors du "Jubilé des pauvres", une cinquantaine de femmes transgenres participait au déjeuner organisé au Vatican avec des personnes en situation de précarité.

Mais, contrairement aux années précédentes, aucune n’était installée à la table d’honneur du pape. 

Sur le terrain doctrinal, Léon XIV se montre beaucoup plus clair. 

En 2025, il jugeait "très improbable, au moins dans un avenir proche, une évolution de l’enseignement de l’Église sur la sexualité et le mariage".

C’est précisément là que se concentrent les attentes de Claire. 

"Le Catéchisme qualifie toujours les actes homosexuels d’intrinsèquement désordonnés"".

Une formulation qu’elle voudrait voir disparaître. 

"Il faut qu’on évolue sur cette question. Il faut que les bénédictions des couples deviennent doctrinales et qu’on sorte du cas par cas".

Alix, également membre de "D&J Arc-en-Ciel", attend une meilleure reconnaissance des personnes transgenres au sein de l’institution.

"Elles doivent être reconnues par l’Église, car sinon cela peut avoir des conséquences concrètes. Comme le refus du baptême ou de la confirmation pour ces personnes".

Ceci dit, elle n’imagine pas une reconnaissance prochaine du mariage homosexuel.

"En tant que bisexuelle, même si je me marie avec un homme, je ne le ferai pas à l’Église. Pour l’instant, ils ne reconnaissent pas la même valeur aux LGBT qu’aux personnes hétérosexuelles. Donc, ce n’est pas possible".

Les attentes ne concernent pas seulement la doctrine. 

Pour Bertrand, homosexuel et père d’un petit garçon, la venue du pape doit rester un moment de communion. 

"Le sujet principal, c’est qu’il faut éviter la récupération politique".

Il redoute qu’une frange catholique identitaire profite de l’événement pour mettre en avant ses propres thèmes réactionnaires. 

Une inquiétude partagée par Théo Moy.

Il observe "un phénomène d’entrisme fort de l’extrême droite identitaire dans l’Église".

Mais, il insiste sur la nécessité de distinguer cette mouvance du conservatisme catholique traditionnel.

Cette inquiétude s’accompagne d’une attention particulière aux résistances internes à l’Église.

Plusieurs prêtres ou conférences épiscopales ont contesté ou refusé d’appliquer certaines dispositions introduites sous François.

Notamment, les bénédictions de couples homosexuels.

Quelques jours avant la "Marche des Fiertés" de Paris, tous ont une même revendication.

Être visibles au sein d’une institution dont les LGBT restent membres.

Même lorsque sa doctrine continue de les tenir à distance.

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