18/09 ▒ ÉTATS-UNIS ▒ Constat alarmant sur la visibilité du Sida...
GLAAD, "Gay & Lesbian Alliance Against Defamation", est une association qui lutte contre les discriminations envers les LGBT.
Elle œuvre à améliorer leur représentation dans les médias américains.
Dans son rapport 2026 sur la stigmatisation liée au VIH, qui vient d'être publié, elle fait un constat alarmant.
"Plus de quarante ans après le début de l’épidémie, les progrès médicaux permettent aux personnes vivant avec le VIH et bénéficiant d’un traitement efficace de vivre longtemps et en bonne santé. Pourtant, la connaissance du public ne semble pas avoir suivi le même rythme".
Selon l'étude, 44% des Américains interrogés ne savent toujours pas qu’une personne vivant avec le VIH, sous traitement et avec une charge virale indétectable, ne peut pas transmettre le virus.
Seuls 49% se disent bien informés sur le Sida et ses conséquences.
Le chiffre tombe à 31% chez les répondants âgés de 25 à 35 ans.
Les jeunes adultes estiment qu'ils n'ont aucun lien personnel avec une personne vivant avec le VIH.
Sans en être absolument sûr.
Leur principale source de connaissances sur le sujet sont les réseaux sociaux, les moteurs de recherche et l'Intelligence Artificielle.
"Nous sommes dans une époque où l’on n’attend pas de nous que nous sachions beaucoup de choses sur des sujets très précis. Nous avons accès à des données rapides et nous savons un peu sur beaucoup de sujets" observe un jeune adulte séropositif.
Selon GLAAD, "les pouvoirs publics ne peuvent plus considérer les réseaux sociaux, les podcasts et l’IA comme des canaux secondaires. C’est précisément dans ces espaces, avec des messages clairs, cohérents et culturellement adaptés, que se façonne désormais une grande partie de la compréhension du VIH".
La raréfaction des récits médiatiques constitue le deuxième constat majeur de l'étude.
72% des personnes interrogées déclarent n’avoir vu aucun reportage ou témoignage consacré à une personne vivant avec le Sida sur les douze derniers mois.
70% affirment n’avoir vu aucun personnage séropositif au cinéma ou à la télévision.
"Parce que le VIH apparaît moins souvent dans les médias et le débat public, les personnes qui ne sont pas directement concernées peuvent croire que la stigmatisation a, elle aussi, disparu" déplore l'étude.
D'autre part, l’invisibilité et la désinformation ne restent pas sans conséquences sur la santé.
77% des répondants estiment que la stigmatisation peut empêcher une personne de se faire dépister.
Les témoignages recueillis montrent comment la peur d’être reconnues ou jugées conduit certaines personnes à repousser un dépistage, dissimuler leurs rendez-vous ou choisir des horaires les moins fréquentés.
Cette situation est aggravée par la fragilisation des dispositifs de soins.
L'étude fait état de la suppression d’environ 600 millions de dollars de subventions consacrées à la lutte contre le Sida.
Les associations sont contraintes de réduire leurs équipes ou leur couverture géographique.
La conclusion de GLAAD est sans appel.
"La stigmatisation n’a pas disparu. Elle a évolué. La combattre suppose donc d’agir simultanément sur les récits, les politiques publiques et les moyens alloués aux soins".
Et de conclure.
"Le progrès ne se définit pas seulement par ce que la science rend possible, mais par ce que les personnes sont prêtes à accepter, à rendre accessible et, surtout, à mettre en pratique".

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