15/09 ▒ PARIS ▒ Deux maires convoqués par le Sénat...

Elle n'avait sans doute pas prévu de revenir au cœur de l'actualité de cette amnière.

Ce mardi, Anne Hidalgo, ancienne maire de Paris, est auditionnée au Sénat par la mission d'information consacrée à "la prévention et au traitement des violences dans le périscolaire. 

Agnès Evren, sénatrice LR et rapporteure de cette mission, veut savoir le degré de connaissance qu'avait Anne Hidalgo des violences commises dans le cadre des activités du périscolaire parisien.

"Nous examinerons la chaîne de protection de bout en bout pour comprendre où elle a dysfonctionné et proposer des solutions. Cette commission n'est, ni un tribunal, ni une justice parallèle".

Les auditions seront très suivies par les élus parisiens, notamment ceux de l'opposition, qui attendent des réponses. 

"Comment se fait-il que, malgré les alertes récurrentes depuis dix ans, il y ait pu y avoir autant de dysfonctionnements sur le recrutement, sur l'absence de prise en considération des alertes, le maintien de dispositions très problématiques et le déplacement des animateurs mis en cause ?" interroge Maud Gatel, cheffe de file du MoDem dans la capitale. 

Les élus de la majorité seront attentifs eux aussi.

"Ce n'est pas forcément de la responsabilité d'Anne Hidalgo, mais il y a eu des défaillances. Il y a des choses qui méritent d'être éclaircies" confie un conseiller de Paris issu d'un groupe de gauche.

Durant son audition, Anne Hidalgo insistera sur le fait que "Tout ce qui s'est passé contredit la non-assistance à personnes en danger".

Elle souhaite exprimer ses "regrets" ne pas avoir reçu les familles des victimes, lors de l'apparition de nouveaux signalements au printemps 2025.

"C'était un moment complexe. On était en pleine campagne des municipales. La Ville de Paris était encore en train de structurer la réponse institutionnelle".

D'autre part, l'ancienne maire de Paris affirme avoir mis en place des actions dès 2015.

Notamment, sur le recrutement des animateurs du périscolaire. 

"Si des agressions ont eu lieu depuis, c'est que, dans les mailles du filet, il y a eu des trous et c'est là qu'il faut aller regarder. Je comprends le sentiment d'abandon des familles" assure Anne Hidalgo, qui affirme avoir "essayé, tenté et fait tout pour protéger les plus vulnérables et bien sûr les enfants, lorsque j'étais à la tête de Paris".

Cela ne suffit pas pour l'opposition de droite au Conseil de Paris. 

"J'attends des excuses de la part de l'ancienne maire, mais je me berce sans doute d'illusion au regard de son interview de la semaine dernière" commente Maud Gatel, 

Depuis son départ de l'hôtel de ville, en mars dernier, Anne Hidalgo a pris ses distances avec la politique parisienne.

Elle donne des conférences dans le monde entier pour sensibiliser à la question du climat, en tant qu'ambassadrice de la "Convention mondiale des Maires pour le Climat et l'énergie".

Demain, ce sera au tour d'Emmanuel Grégoire d'être auditionné par le Sénat.

"Il répondra à toutes les questions en transparence, comme il le fait depuis le début de son mandat" déclare un proche du maire.

Ceci dit, l'opposition ne le lâche pas.

"Il évoque beaucoup les failles de l'État, voulant faire oublier celles de la Ville des dix dernières années" explique Grégory Canal, coprésident du groupe "Paris Liberté" avec Rachida Dati.

"Nous espérons donc qu'après s'être caché derrière des arguments juridiques ou s'être défaussé sur l'État, il jouera le jeu de la sincérité au Sénat".

Dès son élection en tant que maire, Emmanuel Grégoire a trouvé ce dossier sur son bureau. 

Ce ne fut pas une surprise pour lui.

La responsabilité éventuelle de la mairie dans les cas de violences dans le périscolaire a alimenté toute la campagne municipale.

Rachida Dati avait dénoncé une omerta totale de la mairie sur ce dossier et avait mis en cause la responsabilité de l'ancien premier adjoint d'Anne Hidalgo de 2018 à 2024.

Emmanuel Grégoire lui avait répondu qu'il n'était "nullement concerné, contrairement à elle en tant que maire du VIIème arrondissement".

C'est dans les écoles de cet arrondissement qu'ont été signalés les premiers cas de violences sexuelles.

Dès le début de son mandat, Emmanuel Grégoire a présenté un "Plan de lutte contre les violences sexuelles dans le périscolaire".

"Nous allons mettre en place une chaîne de signalement simple, accessible et identifiée par les agents, par les parents et par les enfants eux-mêmes pour chaque école" a-t-il annoncé.

Cela suffira-t-il à diminuer la pression ?

"Emmanuel Grégoire continuera à devoir rendre des comptes sur le sujet du périscolaire tant que le passé ne sera pas purgé et tant que ses annonces, en tant que maire, ne seront pas suivies d'effet" juge une élue parisienne d'opposition.

Selon David Belliard, maire du XIème arrondissement, "la protection de l'enfance est la priorité absolue d'Emmanuel Grégoire. Il travaille d'arrache-pied sur ce sujet-là. En ce qui me concerne, ça occupe plus de la moitié du temps de mon mandat. Il a fallu mettre en place les nouvelles procédures. Ça absorbe beaucoup d'énergie, mais c'est une demande extrêmement forte de la part des parents".

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