07/09 ▒ SOCIÉTÉ ▒ Intensifier la formation sur les questions LGBT...

Face à la multiplication, depuis plusieurs années, des violences visant les LGBT, les policiers doivent acquérir des réflexes dès l'accueil des victimes au commissariat. 

Michel Leguéret, brigadier-chef et référent LGBT, plaide pour renforcer la formation des fonctionnaires de police sur cette lutte spécifique.

Dimanche dernier, c'est un nouveau drame qui a fait tristement résonner les statistiques sur la multiplication des violences homophobes.

À la sortie d'un bar gay, Pierre Picavet, président de "Flag!", est pris pour cible par un homme qui l'insulté et le blesse gravement.

Par le biais de son association, Pierre Picavet est amené à former les policiers sur la prise en charge des agressions homophobes, comme la sienne.

"Le combat continue. Je reste policier, président de Flag!. Demain, quand ça ira mieux, je serai sur le terrain pour faire de la prévention" déclare Pierre Picavet.

"La lutte contre les violences LGBTphobes et pour une meilleure prise en charge des victimes par les forces de l'ordre démarre dès l'école de police. 7 000 élèves ont reçu cette formation l'an dernier. Tous grades confondus".

Reste que ce module, s'il est essentiel, ne représente pas une large part de la formation des futurs officiers de police. 

"Flag!" pousse donc les portes des commissariats pour continuer de former leurs collègues sur la manière de prendre des plaintes et d'enquêter après des violences à caractère homophobe ou transphobe.

En 2018, le gouvernement a mis en place un référent LGBT dans chaque commissariat et poste de gendarmerie.

Un agent spécifiquement formé à traiter ces dossiers.

C'est le rôle de Michel Leguéret à Saint-Malo, en Ille-et-Vilaine. 

"Mon commissaire était venu me voir pour être référent égalité-diversité. Je lui ai dit que je voulais également m'occuper des personnes LGBT et de la laïcité. C'était quelque chose qui me tenait à cœur".

Brigadier-chef, Michel Leguéret forme lui-même ses collègues pour acquérir des réflexes dès la prise de la plainte. 

"Lorsque des victimes se présentent aux forces de l'ordre pour des violences LGBTphobes, il y a des questions qu'il est très compliqué de poser. Surtout sur les lieux des agressions. Il faut être capable d'en arriver à demander : pourquoi vous avez été agressé dans cet endroit-là, sans être discriminant. Dans la formation, on leur explique bien quel chemin ils doivent prendre pour arriver à bien cadrer la procédure dès le départ".

"Par ailleurs, au moment de la prise de plainte, si la circonstance aggravante d'homophobie n'est pas retenue, il est des fois compliqué, après, de la rajouter à la procédure et de la faire accepter par le parquet".

En cas de doute, les référents LGBT des commissariats peuvent eux-mêmes se tourner vers leur officier de liaison, un référent à plus grande échelle qui chapeaute une zone entière.

Depuis 2026, Michel Leguéret a endossé ce rôle.

Il est donc l'interlocuteur privilégié d'une cinquantaine de commissariats sur la zone ouest.

 "Si un autre référent a un problème sur une procédure, il peut me contacter. Je suis en mesure de répondre à ses demandes. J'ai aussi créé des boîtes à outils pour les collègues avec les codes d'infraction, des explications sur comment prendre une plainte sans être discriminant".

Il dit insister sur l'accueil des transgenres dans les commissariats, où de nombreux policiers méconnaissent encore le vocabulaire adapté et la meilleure manière de prendre leur plainte.

"Sur ce sujet, chez les policiers, les malveillances sont souvent de l'ignorance. Je délivre cette formation auprès de mes collègues pour qu'ils ne deviennent pas discriminants eux-mêmes et qu'ils comprennent les enjeux de lutter contre toutes les discriminations. Et particulièrement la transphobie".

Si Michel Leguéret affirme que d'importants efforts ont été réalisés depuis plusieurs années sur la lutte contre les discriminations au sein de la police, il trouve néanmoins insuffisant le niveau de formation des officiers sur ces thèmes.

"On ne fera jamais assez de formations. Il en faudrait plus. Et pas que pour les référents. J'envoie énormément de propositions au ministère de l'Intérieur. Je suis extrêmement actif sur le sujet. Il y a de plus en plus de discriminations violentes. J'apporte évidemment tout mon soutien à Pierre Picavet dans cette épreuve et je lui souhaite un bon rétablissement" conclut-il.

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