01/10 ▒ TURQUIE ▒ Fermeture d'un site d'information jugé pro-LGBT...
Hier, les autorités ont annoncé la fermeture de "T24", site d'information indépendant.
Il lui est reproché sa "propagande LGBT" dans le cadre d'une campagne de répression entamée mi-septembre.
Le site s'est vu notifier officiellement cette décision du ministère de la Justice.
Il n'est plus accessible depuis la Turquie sans VPN.
Selon le communiqué du ministère, "les comptes internet et réseaux sociaux de T24, portail d'information en ligne ayant publié 118 contenus de propagande LGBT l'année dernière, ont été fermés par le tribunal de première instance d'Istanbul. La décision a été transmise à la Direction de la cybersécurité pour exécution".
Dans le cadre d'une campagne appelée, "Ma famille est en sécurité", un vaste coup de filet s'est abattu sur le milieu LGBT.
Avec la fermeture de nombreux comptes de réseaux sociaux.
Le gouvernement a promis de poursuivre cette campagne, malgré les protestations de l'Union européenne.
"Un État ne peut pas être gouverné de cette manière" a protesté Özgür Özel, chef de l'opposition.
"Nous ne nous sommes jamais soumis à cette répression, à cet état d'esprit autoritaire et nous ne le ferons jamais".
Au sein de la rédaction de T24, on décrit cette mesure comme le point culminant d’une pression croissante.
"Nous sommes l'un des médias numériques indépendants les plus importants de Turquie. Nous faisons l'objet d'une campagne de harcèlement sur les réseaux sociaux depuis quelques jours" a expliqué Buse Sögütlü, rédactrice en chef.
"Certains comptes, sur les réseaux sociaux, affirment que T24 reçoit des fonds de l'étranger pour protéger le mouvement LGBT. Mais, c'est bien plus large que cette campagne. C'est une attaque contre l'activité journalistique elle-même".
"T24" dispose d'un siège à Istanbul et d'un bureau dans la capitale, Ankara.
Au total, le site emploie environ quarante employés.
Dans un communiqué, une dizaine d'organisations représentatives des journalistes en Turquie a condamné cette mesure.
"Nous considérons la décision de fermer T24 comme une attaque grave contre notre profession et une entrave directe au droit des citoyennes et citoyens à l'information".
Les signataires exigent son "annulation sans délai", tout en promettant de "continuer à défendre la profession".

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