31/08 ▒ SOCIÉTÉ ▒ "Il y a un souci au niveau de la sécurité civile".
Les feux de l'été sont fixés et les camions rentrés à la caserne.
En cette fin de période estivale, les pompiers reçoivent des messages de gratitude de la France entière.
Mais, eux sont en colère.
"On ne fait pas grève pour de la rémunération, pour avoir des primes, pour gagner plus ou travailler moins" explique Xavier Boy, président de la "Fédération Autonome des Sapeurs-pompiers Professionnels".
"On fait grève parce qu'il y a vraiment un souci au niveau de la sécurité civile. Il faut que les citoyens en prennent conscience, que nos dirigeants en prennent conscience".
C'est pourquoi tous les syndicats de pompiers, excepté celui des cadres, appellent à une grève d'un mois à partir du 8 septembre prochain.
Les pompiers continueront de répondre aux urgences.
C'est leur devoir.
Mais, ils dénoncent un manque criant de moyens.
"On se retrouve avec encore des cagoules d'ancienne génération qui ne filtrent rien. C'est criminel, en fait. Simplement, on va au feu avec rien qui nous protège les voies aériennes" ajoute Xavier Boy.
Selon lui, face aux risques d'incendie qui augmentent, les conditions de travail se détériorent.
Dans sa caserne, les uniformes conçus pour les sinistres urbains sont inadaptés aux feux de forêt.
Mais, surtout, les équipes sont en sous-effectif.
"On a trente places dans les engins. Nous ne sommes que treize de garde. Forcément, quand on est partis, il n'y a plus personne pour mener dans les engins. C'est la roulette russe ! Vous avez la chance d'appeler à la bonne heure, au bon moment, vous allez avoir les secours les plus proches, les plus rapides. Et une minute après, vous pouvez ne pas avoir les bons secours et les secours qui viennent de plus loin".
Concrètement, il y a dix ans, les pompiers arrivaient en moyenne en 13 minutes.
Aujourd'hui, c'est 15 minutes.
Ce qui diminue les chances de survie des victimes.
S'ajoute à celà, un nombre d'interventions qui explose.
Outre les feux, qui représentent 10% de l'activité, cet été, les pompiers sont intervenus au chevet des personnes isolées pendant la canicule.
Dépêchés au domicile des malades par le SAMU, ils remplacent souvent les ambulanciers.
"Je dis qu'on est les Sopalin, en fait. Quand vous renversez un pot de mayonnaise, vous mettez un coup de Sopalin. Un verre de Coca-Cola, vous mettez un coup de Sopalin, de l'huile du Sopalin. En fait, le Sopalin, c'est la réponse à tout. Les pompiers, on est la réponse à tout. Et une fois qu'on a envoyé les pompiers, on se dit que ce n'étaient pas les pompiers qu'on aurait dû envoyer" s'alarme Xavier Boy.
Il faut savoir que, pour le secours à la personne comme pour les incendies, les pompiers volontaires sont mobilisés au même titre que les professionnels.
Ils sont quatre fois plus nombreux, mais sont payés en indemnités.
Soit entre 4 et 8 euros de l'heure.
C'est ce que dénoncent les syndicats.
"Nous, on demande à ce que ces gens, qui sont passionnés et qui ont été formés, puissent intégrer la filière sapeurs-pompiers professionnels. Ça nous fera du monde" explique Peter Gurruchaga, membre du collectif CGT des SDIS, "Services Départementaux d'Incendie et de Secours".
Avec ce mouvement de contestation, les pompiers s'adressent aux Français et aux élus locaux.
Sur le risque de jeter un mégot à terre, de faire un barbecue près de végétaux, de ne pas défricher les abords de leur terrain.
"Nous avons eu plus de 300 départs de feu sur le territoire landais cet été. Donc, si ça permet d'en gagner 10 ou 15% dès l'origine, ou en tout cas en limiter les impacts, c'est toujours ça de gagner" souligne Romain Moutard, directeur adjoint du SDIS des Landes.
Dernière revendication : mieux reconnaître les maladies professionnelles des agents, qui s'exposent toute leur carrière à des particules toxiques et cancérigènes.

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