▒ AUSTRALIE ▒ Bilan très mitigé sur l'interdiction des réseaux sociaux...


Sept mois après l'entrée en vigueur de l'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, une première étude montre les habitudes des adolescents ont peu évolué.

Il s'agit de la première évaluation depuis l'entrée en vigueur du dispositif.

En décembre 2025, l'Australie a interdit l'accès à des plateformes telles que Facebook, Instagram et Tiktok aux moins de 16 ans.

Dans le même temps, une campagne de sensibilisation appelait à "protéger les enfants contre le harcèlement en ligne et les algorithmes prédateurs".

"Il n'y a pas suffisamment de preuves suggérant que les adolescents se sont détournés des réseaux sociaux à la suite de ces restrictions" souligne un des responsables de l'étude.

"Nous n'avons pas trouvé suffisamment de preuves pour conclure que l'application de cette loi ait eu des effets substantiels à court terme sur l'utilisation des réseaux sociaux chez les adolescents de moins de 16 ans".

Selon l'étude, l'utilisation quotidienne des réseaux sociaux est restée stable chez les 12-13 ans. 

Elle a légèrement diminué chez les 14-15 ans et a augmenté chez les plus de 16 ans.

Le temps passé quotidiennement sur les réseaux sociaux est également resté relativement stable chez les plus jeunes et chez les plus de 16 ans.

Il a légèrement diminué chez les 14-15 ans.

Plus de 85% des jeunes âgés de moins de 16 ans ont reconnu continuer à utiliser des plateformes concernées par l'interdiction légale.

Principalement, via leurs propres comptes.

Parmi eux, 66% ont affirmé avoir été confrontés à des dispositifs de vérification de l'âge. 

Les méthodes les plus répandues restent l'auto-déclaration de l'âge ou l'envoi d'un selfie.

En outre, les subterfuges sont nombreux.

Les utilisateurs mineurs contournent les restrictions en utilisant des comptes enregistrés au nom de personnes plus âgées, en créant des faux comptes ou en se connectant via des navigateurs privés. 

"Les résultats suggèrent que la période qui a suivi immédiatement l'entrée en vigueur de la loi a été marquée par une mise en oeuvre limitée, un respect incomplet et un contournement important des restrictions relatives aux réseaux sociaux" précise l'étude.

En Australie, les entreprises technologiques s'exposent à des amendes pouvant atteindre plus de 30 millions d'euros, si elles ne démontrent pas qu'elles déploient des efforts significatifs pour exclure les utilisateurs mineurs. 

Avec des menaces de sanctions.

"La législation australienne, en matière de réseaux sociaux, n'est pas défaillante. Ce sont les géants de la tech qui ne respectent pas la loi" expose l'étude.

"Rien de tout cela n'est difficile pour les géants de la tech, qui sont des entreprises innovantes valant des milliards de dollars".

De plus en plus d'études suggèrent qu'un temps excessif passé en ligne nuit au bien-être des adolescents.

De ce fait, l'interdiction australienne avait été saluée par les parents lassés de voir leurs enfants rivés à leurs téléphones. 

La plupart des entreprises concernées s'est engagée à respecter la loi.

Toutefois, leurs outils de contrôle restent défaillants.

Désormais, la question de savoir si la législation australienne pourrait servir de modèle pour freiner les géants de la tech, dont l'emprise ne cesse de croître.

De nombreux pays ont adopté ou envisagent d'adopter des interdictions similaires.

En France, la proposition de loi pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans a été adoptée en première lecture par l'Assemblée Nationale, puis modifiée par le Sénat pour ne prévoir que l'interdiction des plateformes les plus nocives. 

Le gouvernement espère faire appliquer cette loi dès la rentrée scolaire prochaine.

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