29/06 ▒ AUDE ▒ "Notre démarche rend visible une réalité trop ignorée".

 

L’association, "Queers des champs", fondée à Bram, a lancé un questionnaire à destination des LGBT vivant en milieu rural.

1 300 réponses ont été analysées.

L’association a été créée en Ariège, avant de se délocaliser à Bram.

Parmi les fondateurs, des féministes engagées et des ex-citadins queers revenus en milieu rural.

"Nous avons pour objectif d’améliorer la visibilité des personnes LGBT en milieu rural, de les soutenir en sensibilisant et fédérant les acteurs ruraux et en organisant des évènements" résume Hugo, trésorier de l’association.

Un premier festival a été organisé, à Bram, l'automne dern ier.

Le second, qui s’annonce beaucoup plus important, est prévu les 26 et 27 septembre 2026.

Tables rondes, performances artistiques, présence d’artisans et d’exposants, sont au programme. 

C'est dans le cadre du "Mois des Fiertés" que l’association a lancé son enquête.

"On partait de zéro ! Car les mouvements sont très organisés en ville, mais sur la ruralité rien. Notre démarche donne la parole à ceux qui vivent à la campagne et rend visible une réalité trop ignorée" explique Hugo.

Dans cette enquête, 72% des répondants déclarent se sentir isolés.

54% ont envisagé de partir.

44% font état d’actes LGBTphobes. 

Seuls 2% ont osé porter plainte. 

En outre, la ruralité aurait compliqué le coming-out de 58,9% des répondants. 

D'autre part, la question de l’accès aux soins et aux ressources est fréquemment mise en avant.

85% disent ne pas avoir accès à un professionnel de santé formé aux réalités LGBT.

Les personnes transgenres présentent des indicateurs encore plus défavorables.

Renoncement aux soins, bien-être mental dégradé, rejet familial, sont des sujets qui les concernent à un haut niveau. 

"Nous avons répondu à un appel à projets pour concevoir un centre LGBT mobile. C’est-à-dire la même chose que ce qui existe dans les villes : des ressources, des témoignages, des expos photos, etc... Mais, en nous déplaçant là où il n’y a rien" souligne Hugo.

L’association établit également des propositions concrètes à destination des pouvoirs publics.

Elle part du principe que "transformer les difficultés spécifiques au cadre rural n’est pas insurmontable". 

"En ville, c’est plus facile de vivre avec ses pairs. À la campagne, on vit avec ses voisins. L’an dernier, à Bram, nous avions des boulistes hostiles à notre festival, car nous empiétions sur leur territoire. Ils ne comprenaient pas ce qu'on faisait là. Résultat : en se parlant, ils ont fini par nous aider pour l’éclairage, puis pour le rangement, puis ils nous ont dit "à l’année prochaine". La fête et le spectacle, ce sont des choses qui rassemblent à la campagne. Alors, nous organisons des fêtes et des drag-shows. Les gens viennent. Je suis plein d’espoir pour la ruralité" conclut Hugo.

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