26/06 ▒ SOCIÉTÉ ▒ Pas si simple de définir la température critique...

Face aux vagues de chaleur, la seule température du thermomètre ne suffit pas à évaluer les risques pour la santé des salariés. 

Selon plusieurs experts et l'OIT, "Organisation Internationale du Travail", l'humidité, l'effort physique et l'environnement de travail doivent être combinés pour fixer des seuils d'alerte efficaces.

"Si le thermomètre doit être surveillé de près, d'autres facteurs doivent également être pris en compte" selon les experts.

"On nous demande très souvent à partir de quelle température il est dangereux de travailler. Le critère température n'est pas suffisant. Parfois, à 26°C, ce sera nécessaire d'arrêter le travail" explique Jennifer Shettle, responsable du pôle juridique de l'INRS, "Institut National de Recherche et de Sécurité".

Équation complexe, donc.

En effet, l'évaluation des risques doit prendre en considération l'humidité, la circulation de l'air, le rayonnement solaire, la charge physique du travail, la tenue, l'état de santé de la personne, son niveau d'acclimatation à la chaleur, les médicaments qu'elle prend.

"L'humidité constitue un facteur clé, car un fort taux dans l'air réduit l'évaporation de la transpiration et donc le refroidissement du corps" ajoute-t-elle.

L'INRS juge que les valeurs de 30°C pour une activité sédentaire et 28°C pour un travail physique peuvent servir de repère pour lancer des actions de prévention.

De son côté, Jennifer Shettle estime que les seuils d'alerte de "Météo France" sont plus pertinents.

"Ils prennent aussi en compte, par exemple, la vulnérabilité des territoires".

En outre, certains indicateurs prennent en compte d'autres facteurs, comme la température, le taux d'humidité, la vitesse du vent, le rayonnement du soleil.

Un récent rapport de l'OIT note que "l'indicateur de stress thermique est le plus efficace pour évaluer le risque de maladies liées à la chaleur".

Pour l'OIT, l'important est de tenir compte de l'intensité de l'effort physique du travail, de la vulnérabilité des travailleurs et de différencier intérieur et extérieur.

"Quel que soit le pays, il ne s'agit pas de donner une température maximale à partir de laquelle toute la société arrêterait de travailler, parce que le stress thermique, c'est quelque chose de très compliqué à évaluer" résume Annarita Piazza, chargée d'études chez "Eurogip", observatoire de la prévention des risques professionnels à l'étranger.

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