23/06 ▒ ILLE-ET-VILAINE ▒ En toile de fond, la crainte de voir les droits LGBT régresser...

Samedi, l’esplanade Charles-de-Gaulle, à Rennes, s’est parée des couleurs arc-en-ciel.

Vers 14 heures, la "Marche des Fiertés" est sur le point de s'élancer.

Nathalie Appéré, maire de Rennes, entourée des élus de sa majorité, s’apprête à rejoindre le cortège. 

Pour l’occasion, tous ont troqué leur écharpe tricolore pour une autre aux couleurs arc-en-ciel.

"Viens, on s’aime" peut-on lire sur une pancarte.

16 000 particpants déambulent dans les rues de Rennes.

Cette 32ème édition bat tous les records d'affluence.

Pour Lula666, DJ, "la Pride est un moment de liesse populaire où toutes la communauté LGBT est réunie".

"C’est important pour nous d’être là et de célébrer toutes les diversités" affirme une jeune femme.

Pour beaucoup, cette édition 2026 semble encore plus importante que les autres à quelques mois de l'élection présidentielle. 

Flavien participe chaque année.

"J’aime ces moments, car ils sont remplis de joie et d’enthousiasme. Cela nous permet de nous sentir moins seuls. Mais, on marche aussi pour se montrer, pour rappeler qu’on a des droits et qu’on existe !".

En effet, sous les paillettes et la liesse, la réalité est toute autre. 

"Ces dernières années, en France, nous avons connu des faits divers tragiques sous des motifs LGBTphobes" rappelle Emma Guiguen, présidente de "Iskis", association LGBT de Rennes. 

"Il est important de souligner que l’on observe une corrélation entre la libération des discours haineux et la montée de l’extrême droite".

Durant la journée, un stand a été tenu par des membres du barreau de Rennes. 

Les avocats étaient là pour informer les LGBT sur leurs droits. 

"De la discrimination au travail aux violences subies, en passant par les questions de droit de la famille, nous sommes là pour conseiller. Il faut savoir que le barreau de Rennes propose des consultations gratuites en Ille-et-Vilaine" explique l'un d'entre eux.

Pour la maire de Rennes, "il s’agit d’une édition un peu particulière. Cette Pride revêt une dimension encore plus politique cette année, car il s’agit de la dernière avant 2027. Il y a encore des droits à conquérir. Nous savons que l’extrême droite et l’internationale réactionnaire sont une menace et que les minorités sont toujours les premières victimes de leurs agissements. On connaît aussi leurs politiques libérables et conservatrices. Par exemple, sur les financements des associations".

Une crainte partagée par les associations de la région.

Pauline Meyer, déléguée Bretagne de "SOS Homophobie, explique que, "en France, on peut déjà constater des conséquences du passage de certaines mairies à l’extrême droite. Avec des subventions réduites, voire supprimées".

Consciente de ces évolutions, Nathalie Appéré rappelle que "Rennes est une ville de liberté, de tolérance, d’ouverture. Une ville d’égalité. Nous serons là pour mener ce combat et nous le réaffirmons aujourd’hui avec l’ensemble de la majorité municipale".

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