17/06 ▒ POLITIQUE ▒ Le Sénat adopte le 1er-Mai travaillé...

Hier, le Sénat a adopté le projet de loi permettant aux boulangers et fleuristes artisanaux de faire travailler leurs salariés le 1er-Mai.

Une initiative gouvernementale qui a ravivé les clivages.

Seul jour férié chômé et payé du calendrier, le 1er-Mai n’en finit plus de faire débattre la représentation nationale. 

Il y a six semaines, en pleine "Journée Internationale des Travailleurs", Sébastien Lecornu et Gabriel Attal s’affichaient, chacun de leur côté, dans une boulangerie pour défendre "la liberté de travailler".

Hier, Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, a défendu "un projet de loi de clarification du cadre légal du travail des salariés des boulangers et des fleuristes le 1er-Mai".

Sans surprise, le Sénat l’a adopté à 229 voix contre 110.

L’ensemble de la gauche s’est opposé au texte.

De son côté, l’exécutif juge sa proposition plus équilibrée et respectueuse du dialogue social. 

Le texte prévoit que les artisans boulangers-pâtissiers et fleuristes puissent faire travailler leurs salariés ce jour-là, "sous réserve qu’un accord de branche fixe les conditions de recueil de leur volontariat et de leur rémunération".

"C’est une solution solide sur le plan juridique, intelligente sur le plan pratique et respectueuse de notre histoire sociale" a plaidé Jean-Pierre Farandou.

L’exécutif voit ce texte comme "une loi de clarification".

En effet, le Code du travail prévoit que les établissements, qui ne peuvent pas interrompre leurs activités, puissent faire travailler leurs salariés en les payant double.

Sans préciser les métiers concernés.

C’est précisément ce flou auquel entend remédier le texte de loi.

"C’est un premier pas" reconnaît Olivier Henno, sénateur rapporteur du texte au Sénat.

Non sans regretter qu’il "se limite aux boulangers et aux fleuristes".

"Ma conviction personnelle, c’est qu’il aurait fallu l’étendre à tous les métiers de bouche et aux entreprises culturelles".

Dans un communiqué commun, les groupes socialiste, communiste et écologiste du Sénat disent "craindre l’ouverture d’une brèche dans le droit du travail et la remise en cause d’une conquête sociale historique".

Le texte est désormais transmis à l’Assemblée nationale, où son examen s’annonce plus mouvementé. 

Il n’aura pas lieu avant septembre. 

L’objectif est d’aboutir à une adoption définitive avant le 1er mai 2027.

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