22/02 ▒ SOCIÉTÉ ▒ Une visite pour rien ?
On pouvait s’attendre à un Emmanuel Macron vivement chahuté.
Ça n’a pas été le cas.
Hier, au premier jour du "Salon de l’Agriculture 2026é, les membres les plus bruyants de la Coordination rurale sont restés à bonne distance.
Ils ont haussé la voix pour rien, car trop éloignés du cortège présidentiel pour se faire entendre.
Pour autant, le calme relatif dans lequel a évolué Emmanuel Macron n’était qu’un trompe-l’œil.
En ce samedi, il a joué sa partition.
Il a marché beaucoup.
Il a serré des mains, mangé, bu, salué les exposants.
Mais, l’ambiance était loin d’être au beau fixe.
Les doutes autour de la loi d’urgence agricole, la menace du Mercosur, l’absence des bovins…
Les conflits politiques et sociaux n’étaient jamais loin.
Chez les exposants, c'est désillusion et résignation.
S'il n'a pas été chahuté, Emmanuel Macron n’a pas redoré son blason.
Accompagné de plusieurs ministres, il a martelé sa volonté de "continuer à produire, préserver, protéger".
"On a besoin, dans le contexte international, de protéger notre agriculture" a-t-il déclaré.
"Un salon sans bovins, c’est d’une tristesse remarquable. L’ambiance est pesante quand on est éleveurs" a fustigé, de con côté, Bertrand Venteau, président de la Coordination Rurale.
"Ce salon doit redevenir la vitrine de la ruralité, des paysans, pas de ceux qui les font crever. Il y a nécessité d’un protectionnisme économique, car c’est ce que font les grandes puissances".
Pourtant plus proche de l’exécutif, Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, n’a pas mâché ses mots.
"On attend du président de la République qu’il défende les intérêts agricoles. C’est sa responsabilité. Sur le Mercosur, on a besoin de commercer, mais pas sans protéger. L’agriculture a besoin de décisions, car elle n’est pas en situation de se redresser".
Emmanuel Macron a promis une réunion avec les Chambres d'agriculture, les syndicats et l’interprofession.
Lucas, éleveur de volailles dans la Sarthe, n’a pas masqué sa colère face à un président "sans solutions".
"On n’est pas écoutés du tout. On est dirigé par des gens qui n’ont jamais travaillé au moins un mois dans une exploitation pour voir comment ça se passe vraiment".
Finalement, ce fut une journée (presque) pour rien.
Emmanuel Macron n’a pas rassuré les exposants.
Il n’a pas convaincu les syndicats.
Il lui reste moins d’un an et demi de mandat présidentiel.
Au "Salon de l’Agriculture", il a semblé plus que jamais en fin de cycle.
Ses adversaires politiques, qui investiront le Salon ces prochains jours, risquent de ne pas l’épargner.
Reste à Sébastien Lecornu d’offrir des réponses plus concrètes.
Le Premier ministre devra faire mieux que limiter la casse.

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