17/02 ▒ SEXUALITÉ ▒ Le tabou du "pas de sexe" avant la compétition pourrait tomber...
Dans bien des vestiaires, la consigne reste la même avant une grande compétition.
Pas de sexe, sous peine de "perdre ses jambes" !
Cette idée circule aussi bien chez les boxeurs, les footballeurs que chez les skieurs.
Sauf que...
Jusqu’ici, la science avait surtout étudié les effets d’un rapport sexuel la veille d’une compétition.
Rarement juste avant l’effort.
Une équipe de l’Université de Valladolid, en espagne, vient de tester ce tabou.
Que se passe-t-il quand des athlètes masculins ont une activité sexuelle seulement 30 minutes avant une compétition et un effort maximal ?
Les chercheurs ont scruté, à la fois, force, endurance et réactions biologiques.
Et la réponse ne va pas forcément dans le sens des vieilles croyances de vestiaire.
L'abstinence sexuelle, conseillée avant une compétition, aurait pour but de préserver énergie et agressivité.
Pourtant, des travaux plus anciens montraient déjà qu’un rapport sexuel douze heures ou une nuit avant d'entrer en lice n’entamait, ni la consommation d’oxygène, ni la puissance maximale.
Cette nouvelle étude s’intéresse à une fenêtre bien plus courte.
Plusieurs sportifs, âgés de 18 à 25 ans, tous bien entraînés en basket, course de fond, boxe, judo ou volley, ont été testés dans deux conditions.
Une fois après au moins sept jours d’abstinence sexuelle totale.
Une fois trente minutes après masturbation avec orgasme.
À chaque séance, même protocole.
Test de force, effort à vélo jusqu’à épuisement, prises de sang pour hormones et marqueurs musculaires.
Pour quel résultat ?
Les chercheurs ont constaté, qu’après l’orgasme, les athlètes pédalent en moyenne 3,2% plus longtemps avant l’épuisement.
Sans baisse de puissance, ni d’efficacité et sans sensation d’effort plus élevée.
"La masturbation, trente minutes avant l'exercice, a provoqué une activation sympathique et hormonale modérée sans effets néfastes sur la performance ou les dommages musculaires" expliquent les chercheurs.
La force de préhension moyenne est aussi légèrement supérieure après activité sexuelle.
En parallèle, les chercheurs ont observé une fréquence cardiaque plus haute.
Avec des niveaux de testostérone et de cortisol augmentés.
"Ces résultats suggèrent que l'activité sexuelle avant l'exercice n'altère pas les capacités athlétiques chez des hommes entraînés et remet en cause le vieux mythe d'une abstinence obligatoire avant la compétition" résument les auteurs de l'étude.
Selon eux, l’orgasme agit un peu comme un échauffement naturel du système nerveux.
Cœur qui s’accélère, hormones de l’alerte en hausse, organisme prêt à fournir un effort bref et intense.
La masturbation n'a provoqué aucune augmentation des marqueurs inflammatoires et a entraîné une légère diminution du stress musculaire.
Les sportifs n’ont pas ressenti plus de fatigue, ni baisse de motivation.
"Pris ensemble, ces résultats indiquent qu'un épisode post-orgasmique isolé ne compromet pas la performance ultérieure et n'augmente pas le stress physiologique".
Ceci dit, l'étude bn'est basée que sur la masturbation avec orgasme.
Il pourrait en être autrement avec un rapport sexuel en couple.
Rapport qui implique des exigences physiques et psychologiques différentes.
L'étude montre principalement que l’ancienne obligation d’abstinence stricte avant une compétition ne découle pas d’arguments scientifiques.
Il s'agit davantage de routines choisies ou imposées.

Commentaires
Enregistrer un commentaire