16/02 ▒ ÉDUCATION ▒ Sexisme, homosexualité, laïcité : autant de sujets non-traités...
Dans certains établissements cathloliques, certaines libertés peuvent être prises.
De la laïcité à l'éducation à la sexualité.
Si la plupart respecte le cadre exigé par la loi, certaines fois, des intervenants de collèges et lycées s'en affranchissent.
Ils tiennent alors un discours éloigné, voire à l'opposé, du programme officiel.
C'est pour cette raison que l'enseignement catholique vient d'être "recadré" par le ministère de l'Éducation.
Les personnes visées dénoncent des "abus d'autorité".
Plusieurs témoignages attestent de propos bien éloignés des programmes scolaires.
Jusqu'à mettre en cause plusieurs associations, telle que "CycloShow", qui organise des ateliers non-mixtes sur la puberté.
Durant ces cours, les filles se retrouvent avec les mères.
Les garçons sont regroupés avec les pères.
Et les professeurs sont mis à l'écart.
"Dans ce dispositif, on est clairement dans les filles sont un arbre de fertilité. Tout est centré sur la fertilité et les garçons sur leur mission de géniteur futur. On est complètement à côté du programme d'éducation sexuelle" dénonce une enseignante.
Qu'ils soient scolarisés dans un établissement privé sous contrat ou dans le public, tous les élèves doivent suivre des cours d'Éducation à la Vie Affective, Relationnelle et à la Sexualité.
Sauf que...
Mettre en avant des rôles assignés pour les filles et les garçons détourne l'esprit même de ce programme qui vise à lutter contre les stéréotypes et les inégalités de genre.
Ce n'est pas le seul exemple.
Une autre association mène des ateliers au cours desquels on dénigre l'Interruption Volontaire de Grossesse.
"Sur l'avortement, ils insistent sur le fait qu'il y a des séquelles psychologiques et physiques. Ce qui est faux. Ils ne donnent pas le nom du Planning familial. Les élèves n'ont pas toutes les informations sur les dispositifs mis en place en France" explique une autre enseignante.
Autre tabou évoqué : l'homosexualité.
"L'homosexualité n'est absolument pas abordée. Même si les enfants le demandent, ils ne veulent pas en parler".
Ce qui va à l'encontre des consignes du ministère.
Le programme d'éducation sexuelle doit promouvoir la liberté des choix et des préférences amoureuses et sexuelles.
Cette professeure reproche également d'être mise à l'écart.
"Pourtant, ce sont bien les enseignants qui endossent la responsabilité de ces enseignements".
Une autre association est pointée du doigt dans de nombreux témoignages.
Leurs intervenants estiment que les garçons n'ont que des "pulsions" et que les "filles ne doivent pas provoquer ces pulsions".
En outre, le seul moyen de contraception, selon eux, est la méthode naturelle.
Ils incitent à interrompre l'acte sexuel avant éjaculation.
Contraceptif et avortement ne sont jamais mentionnés.
Pas plus que les Infections Sexuellement Transmissibles.
Outre la sexualité, la laïcité est aussi mise à mal parfois.
En Alsace, l'un des intervenants d'une formation à destination des enseignants était... un prêtre.
Il a même incité les professeurs à évoquer leur foi avec les élèves durant les cours.
"En faisant cela, simplement, nous annonçons nos convictions religieuses" at-il assuré devant des enseignants médusés.
Une enseignante estime que "malgré tout ce que ce prêtre a pu nous dire, en tant qu'enseignant du service public, de l'éducation, nous n'avons certainement pas à parler de ce genre de choses au sein de nos enseignements".
Elle a fait remonté ces propos à sa hiérarchie.
Sollicités, les rectorats, dans leur ensemble, expliquent que les formations relèvent de la responsabilité des organismes de formation propre à l'enseignement catholique.
Selon eux, "elles doivent respecter la neutralité de service public, tout en tenant compte du caractère propre des établissements privés sous contrat".
Cette liberté est très souvent mise en avant par les représentants de l'enseignement catholique.
Une façon de contourner les obligations légales.

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