15/02 ▒ SOCIÉTÉ ▒ Forte hausse de la haine en ligne...

Caricatures, injures, messages violents, harcèlement...

La haine en ligne, qu'elle soit antisémite, raciste ou homophobe, atteint un niveau jamais vu en France.

"Elle est portée par un effet de meute et une parole de plus en plus libérée" selon le ministère de la Justice.

En 2025, le PNLH, "Pôle National de Lutte contre la Haine en ligne", qui dépend du parquet de Paris, a enregistré 1 072 dossiers, toutes haines confondues.

Un pic inédit depuis sa création en janvier 2021.

Les signalements ont doublé après l'attaque sanglante du mouvement islamiste palestinien Hamas sur le sol israélien le 7 octobre 2023.

Depuis, le niveau global des propos haineux ne redescend pas.

"On observe vraiment une logique de défouloir, de lâchage. Tout est prétexte désormais à l'invective raciste, antisémite, sexiste, homophobe. Avec l'anonymat qu'offrent les réseaux, les barrières morales sautent" explique le PNLH.

Laure Beccuau, procureure de Paris, a fait de cette problématique une des "priorités" de son parquet.

"Les discriminations de toute nature, les propos haineux, quels qu'ils soient, constituent un coup de poignard porté au pacte social et à notre République. C'est à force de propos répétés que peuvent se produire des passages à l'acte violents. Parfois, de façon totalement décomplexée".

Le PNLH a été créé peu après l'assassinat de Samuel Paty, victime d'une campagne de haine sur internet.

Au PNLH, un assistant spécialisé "fige, comme le ferait un huissier, les messages violents le plus rapidement possible, avant qu'ils ne soient supprimés".

Un tiers des signalements émane d'internautes via la plateforme, "Pharos". 

Le reste vient d'associations, d'institutions ou d'élus.

Les messages sont compilés le PNLH, qui adresse des réquisitions aux plateformes numériques et saisit des enquêteurs pour identifier, interpeller et entendre les suspects.

Du côté du racisme, cela peut aller de "sales singes" à "bamboula", en passant par les termes "noix" et "arbres" pour les personnes noires et arabes.

Même mécanisme pour l'antisémitisme, avec des représentations "très archaïques" et des "codes", comme les dragons célestes pour désigner les personnes juives.

Du côté des auteurs, tous les âges et milieux sociaux sont concernés.

Le cyberharcèlement qui avait visé Thomas Jolly, directeur artistique de Paris 2024, était principalement le fait d'hommes mûrs.

Ils se disaient heurtés dans leurs convictions catholiques par une scène de la cérémonie d'ouverture.

Au niveau de la haine en ligne, deux catégories se dessinent. 

D'un côté, des "professionnels de la haine", connus des services judiciaires.

Ils assument leur positionnement idéologique et revendiquent leur liberté d'expression.

De l'autre, des particuliers, souvent inconnus de la justice, qui voient passer des messages et ajoutent le leur "sans se rendre compte qu'ils participent à une meute".

Durant les procès, cette dimension est centrale.

Souvent, ils assurent de pas avoir pris conscience de "l'effet de masse ressenti par la victime".

Les peines peuvent aller du stage de sensibilisation à de la prison, ferme ou avec sursis, en fonction des antécédents et de la gravité des faits.

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