09/02 ▒ ARGENTINE ▒ Venus de Russie, les LGBT revivent...
Depuis l'invasion de l'Ukraine, la pression exercée par les autorités russes contre les minorités sexuelles s'est intensifiée.
Lois répressives, discours stigmatisants et descentes policières.
De quoi pousser de plus en plus de LGBT à quitter le pays.
En quête de sécurité et de liberté, nombreux sont ceux qui ont choisi l'Argentine.
À Buenos Aires, Iana se souvient de sa surprise la première fois qu’elle a vu un couple homosexuel s’embrasser dans la rue.
Deux ans après avoir quitté Moscou avec sa compagne Eli, la jeune femme de 29 ans évoque avec émotion une vie où elle peut s’afficher au grand jour.
"J’aime beaucoup sortir avec elle, la prendre par la main et l’embrasser. Et ce n'est pas un problème. Parfois, j’ai un peu peur, puis je me rappelle que, maintenant, tout va bien. Je ne vois pas comment je pourrais avoir la même vie en Russie".
L’idée de l’exil lui a traversé l’esprit dès 2013, après l’adoption de la première loi russe pénalisant la "propagande LGBT".
Mais, c’est le début de la guerre en Ukraine et la crainte de voir les frontières se fermer qui l’ont finalement décidée à partir.
"Je ne pouvais plus continuer à vivre là-bas en me cachant tout le temps. J’en avais marre de présenter ma compagne comme ma sœur ou ma cousine. Une fois, nous avons été agressées par des hommes. C’était très effrayant. Et avec le temps, c’est de pire en pire".
Ces dernières années, Vladimir Poutine a renforcé la répression contre les LGBT, souvent présentés comme "un symbole de la décadence occidentale".
En Argentine, des associations accompagnent l’arrivée de ces nouveaux exilés.
Mariano Ruiz, directeur de "Droits humains & diversité", souligne l’avance du pays en matière de droits LGBT.
"Ces dernières années, l’Argentine a été un pays pionnier dans la région. C’est le deuxième pays des Amériques à avoir légalisé le mariage homosexuel en 2010, après le Canada. En 2012, la loi d’identité de genre a été adoptée pour permettre aux personnes transgenres de modifier leur genre et leur nom sur leurs papiers d’identité. Et tout cela s’applique aussi aux personnes réfugiées".
Statut de réfugié qui y est plus accessible qu’en Europe ou aux États-Unis.
Vladimir, étudiant homosexuel, est arrivé de Moscou il y a un an et demi.
Il explique avoir été séduit par l’université publique et gratuite.
"J’ai trouvé quelque chose que je pouvais faire pour ne pas seulement être en fuite. Chercher ma place, mais en faisant quelque chose".
Vitalii s’est installé en Argentine début 2023.
Diagnostiqué séropositif, il bénéficie d’un accès aux soins grâce au système de santé public.
"J'espère que ce qui s’est passé en Russie ne va pas se reproduire ici. Mais, je vois qu’en Argentine, la société est différente".
Toutefois, cet optimisme reste fragile.
Javier Milei, président du pays, a durci les conditions d’obtention du statut de réfugié.
Il remet en question l’accès des étrangers à l’université et au système de santé.
Sa rhétorique contre le "wokisme" rappelle celle du Kremlin.
Début 2025, des centaines de milliers de personnes ont manifesté après des propos du président associant l’homosexualité à la pédophilie.
Un signal fort pour les réfugiés LGBT.

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