06/02 ▒ SOCIÉTÉ ▒ Suite au suicide de la directrice, le ministère reconnaît des défaillances...

Elle accusait sa hiérarchie de "l’avoir abandonnée".

Après le suicide de Caroline Grandjean, directrice d’école du Cantal victime de lesbophobie, les investigations conduites par les services de l'Éducation nationale concluent à "une défaillance institutionnelle".

Caroline Grandjean était la cible d’insultes et de menaces homophobes.

Des inscriptions, comme "sale gouine", avaient été retrouvées au sein de l’établissement sxolaire.

"C’est un sentiment de satisfaction que l’Éducation nationale reconnaisse une défaillance. Mais, derrière, il y a des responsables et ils ne sont pas reconnus dans le rapport" a pointé la veuve de Caroline Grandjean.

"Ce constat repose en partie sur le sentiment éprouvé par l’enseignante que l’institution n’a pas toujours fait bloc avec elle face aux conflits avec certains parents" souligne le ministère.

Il rapporte que "l’enquête a pointé des décisions administratives vécues comme des injustices. Par exemple, s’agissant du refus d’attribuer une bonification de points liée à son handicap pour sa mobilité".

Selon le ministère, "bien que cette bonification n’était pas mathématiquement nécessaire pour obtenir sa mutation, ce refus, fondé sur une lecture stricte des règlements, a privé Caroline Grandjean d’une forme de reconnaissance et de soutien institutionnel dont elle avait besoin à ce moment-là".

En arrêt maladie et après avoir alerté plusieurs fois sa hiérarchie, Caroline Granjean s’était vu proposer un poste à quelques kilomètres de chez elle, mais avait été incapable de reprendre son travail.

Dans la foulée de ces constats, le ministère de l’Éducation nationale annonce "renforcer la formation de ses cadres à la gestion des situations de détresse psychologique à la lumière de ces conclusions et conformément aux recommandations de la mission".

"L’objectif est de garantir qu’à l’avenir nos processus Ressources Humaines ne soient pas seulement réglementaires, mais traités avec toute l’humanité et le discernement requis".

Côté justice, une enquête, portant sur des "faits d’injure publique commise en raison de l’orientation sexuelle, menace de mort commise en raison de l’orientation sexuelle, dégradation ou détérioration d’un bien par inscription, ainsi qu’intrusion dans l’enceinte d’un établissement scolaire", avait été ouverte en 2024.

Elle a été classée sans suite en mars 2025.

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