04/02 ▒ SOMME ▒ Montrer le ras-le-bol de la communauté LGBT...
Face à l’adversité, ils sont unis, dignes et solidaires.
Hier soir, qu’elles soient LGBT ou simples citoyens, plus de 250 personnes ont répondu à l’appel lancé par deux associations, "DRAG Amiens" et "SommeZenFier.es", à Amiens.
Devant l’hôtel de ville, où un drapeau arc-en-ciel avait été installé, ils étaient tous là pour briser le silence sur un climat délétère qui s’est installé dans les rues de la ville.
Insultes, menaces, violences, intimidations…
Ces Amiénois ne se sentent plus en sécurité et voulaient dénoncer la montée de l’extrême droite et du fascisme.
"Ici, on parle d’une vingtaine de témoignages, en quelques mois, de personnes ayant subi des violences et parfois fracassées, voire handicapées. Moi, ils m’ont demandé, sans scrupule et sans pincettes, ce qui se passait dans ma culotte" explique Luciole Kidman, drag-queen.
"Après être sorties en drag avec mon amie et nous être faites insulter comme rarement, nous avons été arrêtées par un groupe de personnes. Nous étions avec un camarade qui nous ramenait chez nous. Résultat : un coup de pied dans le ventre qui m’a mise à terre et un acharnement sur notre camarade qui a terminé avec le nez cassé".
Ce récit est loin d’être isolé.
Les auteurs présumés des violences sont même identifiés sur les réseaux sociaux ou leurs portraits circulent comme un appel à être vigilant.
À Amiens, on les présente comme des "supporters de football nazis".
Des gérants de bars confient ne plus les accepter comme clients, craignant qu’ils ne provoquent des incidents.
Hier soir, un manifestant confie avoir eu un tympan percé après avoir reçu un coup alors qu’il était attablé à la terrasse d’un café.
"Parce que les lacets rouges d’un ami laissaient penser qu’il était communiste ou antifasciste".
Des représentants du "Planning familial" ou de "SOS racisme" étaient présents pour manifester leur soutien.
À l’approche des élections municipales, les associations et collectifs mobilisés appellent à un sursaut.
Les forces de l’ordre étaient également dans le viseur des manifestants.
À plusieurs reprises, des témoignages les ont ciblé pour leur inaction face aux menaces pesant sur la communauté LGBT d'Amiens.
Sollicitée, la préfecture de la Somme a répondu que "les services de l’État ont bien pris connaissance des signalements de supposées agressions visant des personnes de la communauté LGBT à Amiens. À ce stade, aucun dépôt de plainte, ni appel au 17, émanant de victimes, ne permettent de confirmer l’existence d’une série d’agressions ciblées".
Et la préfecture d'ajouter que "les services de l’État restent pleinement mobilisés et attentifs à toute information complémentaire. Toute situation avérée fera l’objet d’une réponse ferme et adaptée".

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