26|05 ➤ LUXEMBOURG ➤ "Vous êtes homosexuel et appartenez à un groupe à risque".

Selon lui, comparer les non-vaccinés contre le Covid aux homosexuels allemands des années 80, tout en reliant cela à Xavier Bettel, c'était de l'humour.

Peter Freitag estime que ce n'est pas un délit.

De son propre aveu, il a beaucoup d’humour. 

"C'est ma marque de fabrique et ceux qui me connaissent le savent depuis longtemps" at-il déclaré lors de son procès devant le tribunal de Luxembourg, hier.

Il n’a rien contre les homosexuels. 

Selon lui, il a beaucoup d’amis homosexuels. 

Le 29 septembre 2021, après un discours de Xavier Bettel, Premier ministre homosexuel, Peter Freitag postait un message sur les réseaux sociaux.

"Cher Monsieur Bettel, si vous deviez tomber malade du Sida, vous n’auriez plus droit à un salaire. Vous devriez également présenter un test négatif pour pouvoir rentrer dans un restaurant ou au parlement. Après tout, vous êtes homosexuel et appartenez à un groupe à risque. Un acte de solidarité, puisque vous avez eu suffisamment de propositions de femmes. Un choix contre les femmes, qui reste naturellement libre. Maintenant, vous devez vivre avec les conséquences. Que les personnes homosexuelles ne doivent pas payer pour leurs décisions personnelles est une question d’équité. Nous ne pourrons vaincre le Sida que quand le monde entier sera hétérosexuel".

Le parquet fait état de "incitation à la haine et outrage".

Durant le procès, Peter Freitag s’est défendu en affirmant avoir voulu critiquer "la logique idiote de Xavier Bettel et du gouvernement". 

Sa comparaison entre les covid-sceptiques, le vaccin, les homosexuels et le Sida, aurait été mal interprétée, selon lui.

Pourtant suite à son message, il diffuse l'extrait d’une émission allemande des années 80.

Il y est question de restrictions envers les homosexuels, à Munich. 

À l’époque, on les accusait de propager le virus du Sida et on évoquait la possibilité de les enfermer dans des camps.

Devant les juges, Peter Freitag a estimé ne pas avoir commis de délit et ne comprend pas pourquoi il est poursuivi.

Il va même plus loin en insinuant que la justice est au service du Premier ministre.

Sauf que, pour la procureure, "les propos et sous-entendus sont homophobes".

"On peut ne pas être en accord avec des choix politiques d’un gouvernement, mais il ne faut pas comparer l’incomparable. L’orientation sexuelle d’un dirigeant n’est pas un argument valable. Si Jean-Claude Juncker avait été Premier ministre à ce moment-là, vous n’auriez pas utilisé l’argument de l’homosexualité. En outre, vous utilisez des comparaisons extrêmement douteuses, comme le parallèle entre homosexualité et propagation du Sida. Un membre du gouvernement a été rabaissé à cause de son orientation sexuelle".

Elle requiert une peine d’un an de prison et une amende à l’encontre de Peter Freitag.

Le prévenu ricane.

"Je suis un provocateur. La satire n’est pas interdite par la loi" déclare-t-il.

Le jugement sera rendu le 29 juin prochain.

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