26|04 ➤ ÉTATS-UNIS ➤ Homosexuels ou hétérosexuels, il faut tenir en selle...

Monté sur Diamond, John Beck galope à travers les obstacles disposés dans un enclos de la taille d'un terrain de football.

Il est en compétition avec une cinquantaine d'autres participants au rodéo de Denton, en plein cœur du Texas.

Un événement qui, a priori, n'a pas de quoi sortir de l'ordinaire.

Sauf que...

Il est ouvert à tous, LGBT compris.

En outre, il permet à tous, hommes comme femmes, de s'affronter directement.

Le rodéo de Denton propose ainsi des épreuves inédites.

À l'image du clou du spectacle : la "Wild Drag Race".

Les participants, en robe et perruque, doivent tenir le plus longtemps possible sur le dos d'un veau.

Généralement, le veau se rebiffe, la corde de maintien se brise, le cavalier tombe et les spectateurs applaudissent.

"Tous ont la même chance de participer, à la différence d'un rodéo traditionnel" insiste Jim Gadient, membre de "Texas Gay Rodéo Association".

La TGRA a été crée il y a quarante ans, en soutien aux personnes atteintes du Sida.

Elle collectait des fonds.

"Nous l'avons créée, afin de promouvoir un style de vie à l'américaine et pour être une organisation caritative".

Sean Moroz, 35 ans, explique qu'il a grandi dans "un environnement western, mais réellement hyper-masculin. Quand j'ai découvert l'existence d'un rodéo gay, ça a été comme pouvoir vivre mon rêve. Les personnes avec qui je participe sont mes amis, ma famille. J'apprends d'eux et je peux être moi-même".

John Beck, 73 ans, est cowboy professionnel.

Il a su dès l'enfance qu'il était homosexuel.

"Je devais le cacher. Quoi que je fasse, je devais le cacher. Au lycée, certains élèves l'ont su, mais personne ne disait rien. Je suis monté sur des chevaux indomptés dans le monde hétérosexuel et j'ai fait de même dans le monde gay pendant 17 ans. Pareil pour les taureaux. Avec les concurrents hétérosexuels, nous avons appris à nous entendre".

Aujourd'hui, c'est sur le terrain politique que la menace vient désormais.

Au Texas, des projets prévoit entendent réduire les droits des LGBT.

À Denton, les drag-queens font partie intégrante du show, bien au-delà de la "Wild Drag Race".

À la fin du rodéo, un repas est organisé pour collecter des dons et elles assurent le spectacle.

D'où des craines de la part des organisateurs.

Ce n'est pas le cas de Delilah DeVasquez, drag-quenne de 50 ans.

Elle estime que "les craintes soulevées par les élus n'existent tout simplement pas, car les choses sont claires. Nous adaptons notre spectacle à notre audience. S'il y a des enfants, nous agissons en conséquence, en comparaison d'une audience purement adulte. C'est aux parents de décider s'ils veulent ou non exposer leurs enfants à des drag-queens".

"Les élus texans devraient revoir leurs priorités et se concentrer sur la régulation des armes, plutôt que de cibler la communauté gay" conclut Jim Gadient.

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